Pour NewsWeek, si Sarkozy et Obama étaient potes, tout serait plus simple

Publié le par JSS

Alors que les deux hommes ont souvent les mêmes intuitions, leur caractère respectif les oppose. Quand le Français attaque, l’Américain tempère. Des différences qui pourraient confiner à l’incompréhension.

PAR CHRISTOPHER WICKLEY pour NEWSEEK


Au G20 de Pittsburgh, les 24 et 25 septembre dernier, Nicolas Sarkozy, Barack Obama et Gordon Brown ont, semble-t-il, fait bloc sur l’Iran. Les trois hommes se sont montrés cohérents dans leurs déclarations respectives en critiquant la construction par la République islamique d’une usine nucléaire secrète. Mais, lors de cette démonstration de solidarité, leur attitude disait tout autre chose. Le Britannique et l’Américain se tenaient bel et bien côte à côte, mais le président français était un peu à l’écart, comme s’il servait de témoin de mariage à un couple d’inconnus. Peut-être se disait-il en son for intérieur que cet instant aurait dû être SON moment de gloire – ou le sien et celui d’Obama, à tout le moins. Après tout, c’est lui qui avait voulu, l’an dernier, la création du G20 auquel les trois hommes assistaient. Et c’était le gouvernement de Sarkozy qui avait pris l’initiative d’affronter l’Iran.

Sarkozy aime diriger : l’an dernier, il ne voulait pas abandonner la présidence de l’Europe à la fin de son mandat de six mois. Il veut agir : il l’a montré dans des endroits aussi reculés que le golfe d’Aden, où les Français ont été les premiers à refuser d’être rançonnés par les pirates somaliens et à répliquer par les armes. Sarkozy aime être partout en même temps – ce n’est pas pour rien que les journaux français l’appellent l’hyperprésident. Il semble même parfois qu’Obama veuille s’inspirer de son style.

Mais il n’en est rien. En réalité, les relations entre les deux chefs d’Etat sont loin d’être idéales ou toujours efficaces. On se demande même parfois si Obama prête la moindre attention à son homologue hyperactif. Hors de France, peu de gens imaginent que le dirigeant de la cinquième économie du monde puisse indiquer la voie à suivre sur les grandes questions mondiales. Mais Sarkozy, parfois surnommé en France l’Américain, a souvent cherché à le faire. Au sein de l’OTAN, c’est à Nicolas Sarkozy qu’on doit d’avoir dynamisé les relations entre Paris et Washington – un mieux qui contribue à l’élaboration de l’agenda mondial. Comme l’ont démontré leurs discours à l’ONU et au G20, Sarkozy et Obama sont tous deux de fervents internationalistes qui partagent une vision similaire d’un nouvel ordre économique plus juste et plus réglementé. Toutefois – et cela fait partie du problème –, tous deux veulent être au premier rang de toutes les initiatives : Obama parce qu’il est président des Etats-Unis, et Sarkozy parce qu’il est ambitieux et que les Français ont des ambitions pour leur président. Sarkozy est obsédé par l’idée de faire partie du duo de tête et veut que cela se sache. Mais les personnalités très opposées des deux présidents peuvent friser l’incompatibilité : Barack Obama, souriant mais distant, traite Nicolas Sarkozy comme l’un de ses homologues européens “pas-si-égaux-que-ça”, tandis que Sarkozy affiche une certaine décontraction et parle du président américain comme de son “pote” sans que ce dernier lui manifeste en retour cette même familiarité.

Sarkozy a souvent eu une longueur d’avance

Sarkozy serait donc affecté d’un “complexe d’Obama”, qui alimente cons­tamment la curiosité des médias français et pourrait devenir un véritable problème si l’administration Obama ne fait aucun effort pour le comprendre. Ce n’est pas seulement une question de programmes et de personnalités. Dans les banlieues instables de l’Hexagone, les jeunes d’origine africaine ou arabe sont nombreux à avoir troqué leur tee-shirt Che Guevara pour celui d’Obama. Selon un récent sondage de Transatlantic Trends, Obama jouit d’une énorme cote de popularité (88 %) auprès des Français, alors que celle de Sarkozy se situe sous les 50 %. Lors d’une rencontre avec des journalistes français, le nouvel ambassadeur américain en France a été prévenu : si Sarkozy vient à penser que le président américain le court-circuite pour s’adresser directement au peuple français, la susceptibilité amicale de Sarkozy pourrait vite se transformer en franche hostilité.

Le problème n’est pas idéologique : sur plusieurs questions mondiales, Sarkozy et Obama sont des réalistes qui tendent vers les mêmes solutions pragmatiques. Leurs avis diffèrent peut-être sur certaines questions, comme le plafonnement des bonus des traders, mais ils s’entendent sur l’essentiel, à savoir la nécessité d’améliorer le système mondial de régulation financière.

Les deux hommes ont fait campagne sur le thème de la rupture. Une fois élus, l’un et l’autre ont semblé vouloir tout faire en même temps. Sarkozy a voulu une révision complète des politiques environnementales. Obama aussi. Pour aider son industrie automobile, Nicolas Sarkozy a mis sur pied un système de bonus écologique et de prime à la casse qui a été couronné de succès. Obama aussi. Sarkozy a placé le Moyen-Orient au cœur de sa politique étrangère, renouant avec la Syrie et se concentrant sur la menace nucléaire iranienne. Obama aussi. La différence, c’est que le président français a fait tout cela avant même l’investiture d’Obama.

Sarkozy le m’as-tu-vu gouverne de façon tellement volontaire que cela passe parfois pour de la désinvolture. En janvier 2008, huit mois après son entrée en fonction, alors que des journalistes le critiquaient pour avoir initié trop de projets et obtenu trop peu de résultats, il répondait : “Les Français doivent le savoir. J’ai la passion d’agir, je veux agir.”

Ces différences pourraient être surmontées si les deux chefs d’Etat partageaient cette confiance totale que les Français appellent complicité. Mais ce n’est pas le cas. Le président américain est certes un politicien endurci, formé à l’école de Chicago, mais ce n’est rien comparé à Sarkozy. Ce dernier a rallié ou écrasé toute opposition. L’incapacité d’Obama à faire de même et à se défaire de ses opposants semble contrarier Sarkozy. C’est d’autant plus dommage, donc, qu’ensemble les deux hommes pourraient faire des miracles. Sarkozy est non seulement capable de mobiliser la France, mais également l’Europe. “Sarkozy est un activiste avec qui nous pouvons travailler”, expliquait récemment un fonctionnaire américain qui travaille en étroite collaboration avec la France sur l’OTAN. Sous entendu : lorsqu’on doit travailler avec Sarkozy, il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi. Barack Obama n’a quant à lui jamais parlé d’action mais de pragmatisme. Ces différences dans le style risquent à l’avenir d’affecter des sujets cruciaux, comme l’Afghanistan. C’est grâce à Sarkozy que, cette année, la France a rejoint la structure de commandement intégrée de l’OTAN. En Afghanistan, Paris a porté à 3 000 hommes son engagement militaire. Mais la manière qu’a Sarkozy de cons­tamment le rappeler laisse penser qu’on ne lui a pas manifesté assez de reconnaissance. Maintenant qu’Obama veut plus encore de ses alliés, un Sarkozy amer et mal-aimé risque d’être tenté de ne pas coopérer.

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Arik 04/10/2009 13:59


le quartier est devenu un peu triste! Meme Baby s est fait la malle. rien ne vaut la bonne epoque du ptit dom...


Yéhoudi 04/10/2009 11:49


a gauche de la photo tu reconnais Enrico, et a droite entre les deux nanas le petit vieux c' est moi!!

personne ne s' est rendu compte que j' espionnais pour le compte des Islamistes, malgré ma "zbiba" bien visible sur mon front !!


Yéhoudi 04/10/2009 11:38


Bravo Arik!!

mais depuis, Enrico a changé de lieu ses pénates...
puisque tu connais le quartier il va a présent, et depuis la perte de son épouse,chez David taper le carton avec ses copains ....le Marrakchi, qui ressemble a Obélix...


Arik 04/10/2009 05:21


Oh mais c est Raymond!!!


Yéhoudi 03/10/2009 21:14


Pour mémoire

jamais Giscard, Sa Suffisance a particule en solde, ni le Florentin,ni Chirak  n' auraient osé ça!!!

et si notre mouvement oeuvre pour la réussite de Sarko avoues qu'il ne l' a pas volé!!


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Le Président de la République Française , Monsieur Nicolas SARKOZY a chois un Restaurant cacher Tunisien: la boule Rouge, pour fêter en toute convivialité et amitié la victoire des Bleus sur
les All Blacks à cardiff.