Procès des barbares: Fofana a "peur de la mort et du mossad"

Publié le par JSS

Journée du vendredi 20 juin.

Youssouf Fofana ne s'est pas fait supplier ce vendredi pour assister à l'audience. Il était là, dans le même jogging gris que la veille, pour une journée courte, mais importante. La cour a commencé par lire les dépositions des témoins qui n'ont pas répondu, ou n'ont pas pu honorer leur convocation.

Il y avait les déclarations du père de Youssouf Fofana. Il a raconté aux enquêteurs qu'il est arrivé en France en 1973, seul, alors qu'il avait déjà trois enfants. Sa femme l'a rejoint quatre ans plus tard, les enfants des années après. A l'époque, il dit qu'il venait pour une « aventure ». Il a vite trouvé un travail comme vitrier. Quand sa femme est arrivée, ils se sont installés dans le 12ème arrondissement de la capitale. C'est là que Youssouf Fofana a grandi. Son père a raconté aux policiers se souvenir que lorsque son fils était petit, il avait un problème au cœur, qu'ils ont fait des examens, que ce n'était pas si grave en fait. « Nous n'étions pas riche, mais avec le peu d'argent qu'on gagnait, on arrivait à s'en sortir ». Le père de Youssouf Fofana a confié que son fils avait eu « une enfance sans problème », il « travaillait bien ». Il a aussi dit avoir fait ce qu'il pouvait pour que ses enfants soient heureux, ils ne manquaient de rien, il les envoyait même en  colonies de vacances. Son fils a bien fait « quelques bêtises », de la prison, « pour avoir volé une moto, après on a dit que c'était pas lui, moi je n'ai rien compris à cette histoire ». Youssouf Fofana et son père parlaient peu ensemble, « je partais tôt le matin et quand je revenais le soir je me couchais ». Les amis de son fils, il ne les connaissait pas,  il ne les a même jamais vus, ils ne venaient jamais à la maison.
Quant à la mère de Youssouf Fofana, elle a dit aux policiers que son fils était un « enfant sage, obéissant et respectueux : « Il était bien élevé, comme tous les enfants d'Afrique ». Après son séjour en prison, sa mère lui a payé son permis de conduire, son permis de cariste, pour qu'il trouve plus facilement du travail. A propos de la haine que Youssouf Fofana nourrit pour les juifs, la mère interrogée a dit « respecter lles religions des autres. J'ai travaillé pendant 14 ans pour des juifs. Nous ne sommes pas racistes dans la famille, Youssouf n'est pas raciste, il n'a jamais tenu de propos racistes ou contre les juifs devant nous. Je ne comprend pas. Youssouf ne peut pas être raciste, c'est pas possible, je n'y crois pas. » Et elle a ajouté : « Tout le village en Afrique l'a vu à la télé, tout le monde pleure pour nous ».
La présidente a aussi lu l'interrogatoire d'un ami de Jean-Christophe S, avec qui ce dernier semblait avoir passé du temps dans la nuit du 12 au 13 février 2006. Leurs téléphones ont « borné » à Bagneux, tard ce soir là. Puis plus tard encore, le même soir, à Paray-Vieilles-Postes. Pas loin d'Orly. Pas loin surtout de Sainte-Geneviève-des-Bois, où Ilan Halimi a été déposé mourant un peu plus tard dans la nuit par Youssouf Fofana. Jean-Christophe S. a répété ce vendredi à la cour ce qu'il avait déjà dit au policiers pendant l'enquête : Il n'était pas avec Youssouf Fofana le 12 février 2006, et il ne sait rien du meurtre d'Ilan. Et si son portable a été capté par des bornes à Bagneux, c'est sûrement parce qu'il faisait un tour dans la cité de Youssouf Fofana ce soir là, lequel lui devait de l'argent. Ensuite, s'il est passé par Paray-Vieilles-Postes pour rejoindre Bobigny, c'est parce qu'il y avait des travaux. Youssouf Fofana a pris la parole ce vendredi pour mettre hors de cause Jean-Christophe S., précisant qu'il n'aurait eu aucun intérêt à venir à Sainte-Geneviève-des-Bois.
La cour a ensuite pris connaissance de la déclaration d'un ancien co-détenu de Youssouf Fofana à la maison d'arrêt de Lille. Un certain David, qui avait fréquenté Youssouf Fofana, et qui avait fait part de ses échanges avec ce dernier à l'administration pénitentiaire en janvier 2007. Youssouf Fofana lui aurait dit à l'époque qu'il n'aimait pas les juifs, que c'est pour ça qu'il avait choisi Ilan Halimi. Il lui aurait aussi confié qu'il avait peur de deux choses, la mort, et le Mossad. Selon ce détenu, Fofana assurait qu'après sa condamnation, un prisonnier qui se ferait incarcérer exprès, le tuerait. Et son souhait, toujours selon cet ancien co-détenu, c'était de retourner en Afrique, où il s'imaginait devenir un grand chef de guerre, et rejoindre la zone rebelle.
Quand Youssouf Fofana a pris la parole ce vendredi pour expliquer son geste, le meurtre d'Ilan Halimi, il a répété que son objectif, c'était d'aider l'Afrique. Que « derrière chaque problème, il y a un juif... Regardez la misère dans le monde, bah le Fonds monétaire international (FMI), son président, c'est Dominique Strauss-Kahn. » Quand on lui a demandé en quoi Ilan Halimi pouvait être responsable des problèmes en Afrique, Fofana a répondu « c'est un juif ».
Puis il a répété qu'il avait décidé de tuer Ilan Halimi parce que sa famille n'avait pas payé. Il a ensuite dit qu'il comprenait la douleur de la famille, et même la malheureuse situation de tous ses co-accusés dans le box. Mais voilà, « j'ai fait ce que j'avais à faire », a-t-il indiqué.
Et Youssouf Fofana avait préparé son intervention, cette fois. Il ne voulait pas se faire avoir comme la semaine dernière, quand l'avocat de la partie civile, maître Francis Szpiner, l'avait interrogé sur le Coran, et qu'il n'avait pas su quoi répondre. Fofana avait un petit papier sur lui ce vendredi, des notes. Il a cité des sourates du Coran pour justifier son antisémitisme.
A ce moment là Christophe M. s'est énervé, a demandé à Fofana de cesser de dire n'importe quoi. Youssouf Fofana a répondu qu'il ne savait pas ce que leurs avocats avaient dit à certains des accusés : « Y'en a qui pleurent, mais ça sert à rien ». Et à l'attention de Christophe M : « De toute façon ce que tu racontes, c'est de la merde ». Et Christophe M. a expliqué à la cour qu'il pratiquait un islam de paix, qui n'avait rien à voir avec ce que Youssouf Fofana racontait, qu'il ne fallait par conséquent pas tout mélanger.
Ce vendredi, Youssouf Fofana n'a donné aucun détail supplémentaire concernant les derniers instants d'Ilan Halimi. Quand Francis Szpiner lui a demandé pourquoi il avait choisi Sainte-geneviève-des-Bois pour se débarrasser d'Ilan Halimi, Fofana a dit qu'il n'y avait aucune raison particulière. Et l'avocat de la famille Halimi a commencé a demandé : « le produit inflammable... », quand Youssouf Fofana l'a coupé pour répondre tout de suite : « Il n'était pas dans la voiture, c'est moi qui l'ai apporté ». Youssouf Fofana a prémédité le meurtre d'Ilan Halimi.

 

Par Elsa Vigoureux

P.S : Ce procès se tient à huis-clos. Aussi ce blog est-il écrit à partir d'informations recueillies, entre autres sources, auprès de personnes qui assistent à l'audience, et dont, bien entendu, nous taisons les noms.

Publié dans France

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Chaibane 23/06/2009 23:10

Des fanatiques comme Fofana le barbare ont une autre conception de la vie que celle des gens normaux. Pour Fofana, la vie ne vaut rien, l'essentiel pour lui c'est de servir une cause au nom de l'Islam, religion dont il a mal interprétée l'essence. Pleurer les morts et avoir pitié des assassins, c'est tout ce qui nous reste dans ce bas monde. Nathan Mostafa Chaibane

Yéhoudi 23/06/2009 17:35

et comme a part se suicider il ne lui reste plus rien vu la perpète et l 'incompressibilité qu'il va prendre...il pourra sortir a 85 balais...bof! 50 ans c'est vite passé pour  aller rejoindre Chaïtane

Chaibane 23/06/2009 16:33

Sur le cas Fofana, on se pose souvent des questions. Y-avait-il un groupe d'islamistes radicaux qui auraient manipulé Fofana pour ensuite l'abandonner à son triste sort. Si cette hypothèse s'avèrait exacte, il serait temps pour les services de police français d'approfondir les investigations et d'en informer le parquet. L'expulsion massive de France de tous les Arabes et Africains de confession musulmane devra être effective avant la fin de l'année afin d'éviter le chaos dans l'Hexagone. Nathan Mostafa Chaibane