Rencontre avec Monsieur Shimon Peres (1partie)

Publié le par JSS

Ce mercredi 17 décembre, j'ai eu l'occasion pour la deuxième fois, de rencontrer Monsieur le Président de l'Etat d'Israël, Shimon Peres. Qu'on l'admire pour le chemin qu'il à parcouru en tant qu'homme de paix ou en tant que soldat exemplaire, qu'on se souvienne de lui comme le libérateur de Jérusalem ou comme étant le "grand looseur" de la plupart des élections aux quelles il s'est présenté, Shimon Peres est un homme respectable. Il fait partie de ces gens sur qui on peut lire l'histoire au travers de ses rides. En tout cas, on peut lire l'histoire qu'il souhaite raconter puisqu'en tant qu'homme d'Etat, il sait, mieux que personne, garder ses secrets.

J'ai donc été invité hier à la Beit Hanassi (la maison du président), pour participer à une rencontre entre Shimon Peres et certains représentants de la communauté musulmane de France. C'est à l'appel de l'American Jewish Commitee (AJC), section française, que cette délégation de 30 personnes à visité Israël pour la première fois. Israël et les Territoires Palestiniens bien sûr. L'objectif avoué de l'AJC étant bien sûr de montrer "un autre visage d'Israël".

Après avoir rencontré Ryad El Maliki et Mahmoud Abbas (respectivement ministre des Affaires Etrangères et président palestinien) à Ramallah, la délégation à donc rencontré Shimon Peres. En lisant entre les lignes de son discours improvisé de 40 minutes (et en français), on peut plus ou moins comprendre l'actualité vue par le Président Israélien.

A son arrivée dans la salle, on est toujours un peu surpris et impressionné. Surpris car cet homme a vraiment l'air fatigué. On se dit qu'il doit lutter contre la vieillesse minute après minute et qu'appamant, cela n'a pas l'air facile. Impressionné également parce que Shimon Peres sera toujours un homme qui a fait l'histoire. Un homme de paix (prix Nobel), un homme d'Etat, un homme courageux, un homme qui doit bien souvent prendre des décisions importantes pour l'avenir de son peuple.

Valérie Offenberg, la Présidente de l'AJC en France introduis brièvement son bon ami. Ce dernier décide de parler en français pour faire plaisir à l'assistance. Il se lancera alors dans un discours totalement improvisé de 40 minutes. Il tient à démontrer en trois points pourquoi la paix n'a toujours pas été signé avec les palestiniens. Il revient dans un premier temps et sans détour sur l'Islam et la démocratie. "La plupart des musulmans croient que la démocratie est une autre religion que la leur. C'est pour cela qu'il n'en veulent pas. C'est pour cela que l'occident ne doit pas l'imposer. Nous avons vu qu'en imposant la démocratie dans des pays qui n'en voulait pas, les pires extrémistes ont pris le pouvoir. Et je ne devrais citer que le Hamas à Gaza pour prouver que j'ai raison. D'un auter côté, certaines nations de l'Islam ne sont pas des démocratie et pourtant, elles tournent à plein régime. Je le répète, il ne faut pas forcer les gens à aller vers la démocratie. Chacun avance à son rythme et chaque peuple à le droit d'apprécier ou non le fait d'être libre de choisir. La démocratie, nous en sommes fiers en Israël, mais nous ne voulons l'imposer à personne."

Il passe ensuite au processus de paix actuel. Et il commence de fort bonne manière en affirmant "espérer que dès l'an prochain la paix avec les palestiniens sera signée. Elle est possible et nous en sommes proche. Les murs sont bien moins nombreux que les ponts qui nous relient. D'ailleurs, les points d'achoppement ne représente plus que 3% du problème global". Il reprend ensuite et remonte dans es souvenirs. "Vous savez, l'Etat d'Israel a été le premier pays au monde à reconnaître le peuple palestinien. Nous avons été les premiers à dire qu'il leur faut une terre et une nation. Nous l'avons fait avant même les pays arabe. Nous l'avons fait très tôt." Puis, un instant d'hésitation et il se lance : "J'aimerais dire quelques mots sur Yasser Arafat. Avec lui, nous étions très proche de signer une paix définitive. Nous étions d'accord sur tout mais vous savez, quand vous négociez, vous ne négociez pas avec l'ennemi. Vous négociez avec votre propre camps. Ce sont les gens de votre propre camps qui viennent vers vous et vous disent : "Pourquoi tu leurs as donné ca ? Pourquoi tu es si gentil avec eux ? Pourquoi tu leurs fait confiance ?". J'ai donc parler en tête à tête avec lui et je lui ait rappelé les phrase de Pierre Mendes France à propos des choix que doivent prendre les hommes d'Etats. Je lui ais dit qu'il devait combattre les extremistes de son camps au quel cas il ne signera jamais la paix. Je lui ais cité l'exemple de Lincoln aux Etats-Unis qui à créer une guerre civile pour prouver que ces choix étaient les bons. Je lui ais même montrer que chez nous, les israéliens, nos hommes d'Etats avaient dû combattre les extrémistes. Ben Gourrion le premier d'ailleurs. Je lu iais rappelé que Ben Gourrion avait fait bombarder un bateau d'armes destinés aux groupes extrémistes juifs. Je lui ais expliqué qu'avec cette unique affaire, 20 des notres sont morts. Mais c'était le choix d'un homme d'Etat qui voulait la paix et qui croyait dans la paix. Malheureusement, Arafat n'a pas su combattre son propre camps et par la suite, nous n'avions même plus le droit de lui parler. Les lois israéliennes nous l'interdisait."

Shimon Peres en vient ensuite à expliquer sa vision pour le futur du Proche-Orient. Une vision tout a fait surprenante par ailleurs car il imagine le Proche-Orient devenir une Union comme l'Union Européenne. "Je pense que pour faire la paix avec les palestiniens, nous avons besoin de Jordaniens. Ces derniers ne veulent pas s'ingérer dans ce processus diplomatique c'est pourquoi j'essaye de les impliqués davantage dans le développement économique des palestiniens. J'imagine très bien, dans le futur, un Proche-Orient avec des frontières politiques mais sans frontières économique. La Jordanie, Israël, les Palestiniens, tout pourrait être plus simple grâce à cette ouverture." On notera qu'il n'a pas cité l'Egypte en parlant de l'Union.

Mais voici un autre point qui, à tort ou à raison, à fait réagir discrètement toute l'assemblée. "A présent, nous souhaitons négocier avec les Syriens. Nous sommes pret à tout leur rendre. Mais pour cela, il faudra au moins attendre la nouvelle administration américaine. J'ai parlé au Président Bush qui nous soutien. J'avais aussi parler à McCain. Mais je ne sais pas vraiment quelle sera la politique du Président élu". Au cours de l'entretient, jamais il ne citera le nom d'Obama. Malheureusement, plus que de réagir positivement sur le "nous sommes prêts à tout rendre", les participants ont davantage tiqués sur la diversion pour ne pas citer Obama.

A suivre...
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