Pourquoi ils sont contre l'Etat Palestinien

Publié le par JSS

Après avoir parler de guerre. Puis de paix. Puis de négociations. Il me semble utile d'expliquer pourquoi certains sont contre l'établissement officiel d'un Etat Palestinien à proprement parler. Mais avant tout, je signale que je ne cherche en aucun cas à infirmer ou confirmer de quelques manières que ce soit les arguments avancés plus bas. C'est un article à titre informatif et non propagandiste.

1 ) L'un des premiers arguments de ces militants Anti-Etat-Palestinien (appelons les 'AEP'), est qu'il existe déjà un état palestino-arabe. Ils avancent que l
es « palestiniens » ont déjà un État souverain qui a été en donné aux Arabes en 1922 et qui est devenu indépendant en 1946. C'est la Jordanie, qui occupe 77 % de la « Palestine ». Et ils ajoutent que si les palestiniens d'Israël voulait vraiment un territoire pour vivre en paix, ils auraient acceptés à maintes reprises les accords de paix et de formation d'un nouvel état (partition Peel en 1937 ; ONU 1947 ; plan Allon 1967 ; Oslo 2000)

2) Les états arabes et l'Iran ont déjà assez de territoire pour en réclamer un autre. Voilà un autre argument des AEP. Selon eux, ces états représentent 10% de la surface terrestre alors qu'Israël ne représente que 0.1% de ces 23 états.

3) Il ne faut pas céder sur Yesha (Yesha = Judée-Samarie + Bande de Gaza + Plateau du Golan). Israël, ayant gagné Yesha dans une guerre défensive, n’est d'aucune manière obligé de remettre ces territoires (auparavant détenues par l'agresseur) selon le Droit International.  Israël n’a aucune obligation légale de se retirer de Yesha selon les résolutions 242 et 338 de l’ONU. En effet, ces territoires sont officiellement disputés et non occupés. Les résolutions en question disent simplement que « les deux parties devront faire des concessions ». Selon les AEP, Israël à le droit de prendre des dispositions indispensables sur Yesha afin d'assurer sa sécurité selon l'article 64 de la section 3 de la 4e convention de Genève. Ne pas donner un 2e pays aux « Palestiniens » est une disposition plus qu'indispensable. 
Si Israël cédait la Yesha aux islamistes, cela augmenterait la longueur des frontières israéliennes de 360 Km, et ferait d’Israël le pays ayant les plus de frontières par rapport à la superficie dans le monde, rendant le pays quasi-indéfendable.

4) Il n'y a rien de plus légal que de construire de nouvelles habitations dans la Yesha. L’article 80 de l’ONU, qui est toujours en vigueur aujourd'hui, donne le droit inconditionnel aux Juifs de s'établir en Yesha. La résolution 181 de l'
ONU donne ce même droit aux citoyens israéliens de vivre en Yesha.

5) Pour les AEP, le peuple palestinien n'est qu'un mythe. Une erreur historique. Ils affirment qu'aucun État arabo-musulman n'a existé sur Yesha dans toute l'histoire. Ils ajoutent que l
es « Palestiniens » n'ont jamais formés une entité indépendante et distincte dans l'histoire. De plus, la majorité des « Palestiniens » n'est pas originaire de Yesha, ils y ont immigrés dans les années 1800 et 1900. Parallèlement, il y a eu trois différents États juifs répartis sur quatre millénaires de présence juive continue dans la région d'Israël. La Judée-Samarie par exemple, est le berceau de la civilisation juive, le cœur d’Israël.

Le nom Palestine est utilisé pour la première fois en l'an 135 de l'ère actuelle par l'empereur romain Hadrien, qui, non content d'avoir éradiqué la présence juive en Judée (une présence qui durait depuis plus de 1000 ans), non content d'avoir détruit leur Temple à Jérusalem, non content d'avoir interdit l'accès du pays aux derniers Juifs, se persuada qu'il fallait annihiler toute trace de civilisation juive dans le pays en le débaptisant au profit d'un nom dérivé des Philistins. Les Philistins étant ce peuple auquel appartenait Goliath et que les Hébreux parvinrent à vaincre des siècles plus tôt. Ce baptême était pour les Romains une façon d'ajouter l'insulte à la blessure. Ils essayèrent également de changer le nom de Jérusalem en "Alea Capitolina", mais cela ne rencontra pas le même succès.

La Palestine en tant qu'entité autonome n'a jamais existé au cours de l'Histoire. Le pays fut dominé successivement par les Romains, par les croisés Chrétiens, par les Musulmans (qui n'ont d'ailleurs jamais fait de Jérusalem une capitale pendant qu'ils occupaient le pays), par les Ottomans et, brièvement, par les Britanniques.

7) L'islam n'a aucune connection à Jérusalem. Il n'existe aucune preuve historique que le prophète Mohammed se soit rendu à Jérusalem.Alors comment Jérusalem est-il devenu le troisième lieu saint de l'Islam? Les Musulmans, se réfèrent à un vague passage du Coran, la 17ème Sourate, intitulée "le Voyage Nocturne ". Il y ait fait état d'un rêve de Mohammed qui fût transporté de nuit "du temple sacré au temple le plus éloigné dont nous avons béni l'enceinte". Au septième siècle, des Musulmans ont identifié les deux temples mentionnés dans ce verset comme étant la Mecque et Jérusalem. Voilà à quoi tient la connexion si étroite entre l'Islam et Jérusalem - connexion faite de rêve, d'imagination, d'interprétations et de mythe.

En fait, les arguments sont légion pour les AEP. Et pour en savoir plus, je vous propose d'aller visiter leur sites internet. Google pourra vous aider dans vos recherches et vous pourrez vous faire une idée précise de leurs revendications.

(En photo : Cartes climatique et démographique extraites d’un manuel scolaire jordanien distribué aux écoliers palestiniens. Fidèle au mythe « grand-palestinien », le royaume de Jordanie y englobe les territoires palestiniens (perdus en 1967) et… Israël, sans les nommer. --- Image prise sur le site de la télévision palestinienne ---- "Baby Boom" --- David Et Goliath)

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Aurélien Royer 30/10/2008 11:06

Il est vrai que, décidément, j'apprends des tas de choses en lisant ton blog. Moi qui suis historien, comme tu le sais, sans être parmi les plus "calés" en histoire des religions (un défaut que je corrige progressivement), je dois dire que tu m'y aides beaucoup... et, en cela, ton blog est une réussite.

Pour ce qui est des arguments des AEP, il est vrai que l'histoire semble leur donner raison et que, de ce point de vue, il serait plus qu'illégitime que leur point de vue ne soit pas pris en considération. Cependant, toute paix devant déboucher sur un accord reconnu de tous, des concessions doivent êtres faites des deux côtés. Et plus que la création d'un Etat palestinien, n'est-ce pas sur le sort de Jérusalem, que tu abordes ici, que se crispent les tensions? Sans réponse au problème de Jérusalem, le conflit ne sera pas durablement réglé... et, visiblement, on avance pas très vite sur ce point !

SJK 28/10/2008 12:56

Tes articles sont vraiment intéressants, mais je suis impressionné : entre l'oulpan et le boulot au MFA, où trouves tu le temps de faire ça !!

JSS 28/10/2008 14:41


L'oulpan n'est plus à temps plein.
Le boulot à la radio n'est pas à temps plein.
Le boulot au MFA me prend pas mal de temps... Mais bon...
Le secret, en plus de la motivation... C'est de ne pas dormir ! ;-)
SJK, je t'envoie un mail privé au plus vite. Promis !