Youli Tamir, la pire ministre de l'éducation s'en va!
Le gouvernement actuel est en passe d’achever son mandat, plus tôt qu’il ne le pensait, et ce sera bientôt le temps des bilans. Quels sont les ministres qui auront réussi à faire avancer leurs idées et quels sont ceux qui quitteront leur bureau avec une sensation d’inachevé.
Dans la période actuelle, qui se caractérise entre autres par un abandon progressif des valeurs juives et sionistes, le ministre de l’Education tient un rôle clé dans la formation des dirigeants de demain. Le candidat Binyamin Netanyahou l’a bien compris lorsqu’il a placé la “révolution de l’éducation” en tête de ses priorités, avec la volonté affichée de réintroduire les concepts de base du Judaïsme et de l’identité nationale dans les programmes de l’Ecole publique.
A l’opposé, un regard sur les visées de la ministre sortante, Youli Tamir dans l’exercice de son mandat nous montre vers quelle catastrophe nationale nous nous serions dirigés si elle avait réussi à mettre en pratique sa politique inspirée directement des idéaux de l’extrême gauche dont elle est issue.
La semaine dernière s’est déroulé un fait méconnu du grand public. Avant de “remettre son tablier” à son successeur, Youli Tamir a voulu former une équipe chargée de mettre en oeuvre le Rapport Salomon-Issawi, qu’elle a elle-même initiée en 2008, qui veut “rapprocher de manière notoire les communautés juives et arabes, suite à la montée de racisme anti-arabe dans la jeunesse israélienne”.
La question n’est pas seulement sur le principe d’une amélioration de la coexistence entre deux communautés qui prétendent à une même souveraineté. Elle réside aussi dans les moyens imaginés par la ministre et les représentants qu’elle s’est choisis pour promouvoir ce “rapprochement”, et qui se traduit non seulement sur un respect des droits de l’individu, mais sur une “reconnaissance de l’identité collective arabe” avec tout ce que cela comporte.
L’on ne peut être que surpris et choqué à la vue des conclusions de ce Rapport, même si officiellement, “il n’est pas d’essence politique mais traduit le souci de la santé sociale de la société israélienne”. Les sujets abordés par les rédacteurs touchent aux fibres les plus sensibles et les plus controversées de la société israélienne. Au délà de phrases générales “sur les respect mutuel entre communautés”, le Rapport Salomon- Issawi propose “l’égalité des droits pour les Arabes” mais sans exiger d’égalité de devoirs. Mis surtout, il demande la “reconnaissance par les Israéliens des aspirations nationales des Arabes”. Plus qu’un “dialogue entre les communautés”, ce qui serait acceptable, il exige “la reconnaissance du narratif collectif des Arabes israéliens” ce qui en d’autres mots inplique l’enseignement dans les écoles juives de la “Nakba palestinienne” telle que les Arabes israéliens la voient, et ainsi, mettre dans l’esprit de chaque enfant juif
que “son indépendance nationale a constitué une catastrophe pour un autre peuple”. Imaginons en maître devant expliquer un jour à un enfant Israélien que sa liberté de vivre dans un pays juif a été acquise au prix d’une injustice et a entraîné un cataclysme pour une autre population!! Israël créé sur un “Péché originel”, comme le titre un ouvrage malveillant de Dominique Vidal.
Inutile de préciser que l’exigence en sens inverse n’est pas demandée, et quand bien même le serait-elle, personne n’imagine un seul instant un enseignant d’Oum El-Fahm ou de Nazareth donner des cours de sionisme à ses élèves!
Le but à long terme de cette “révolution des mentalitées” mentionné dans ce Rapport est “la transformation des concepts concernant le narratif collectif de l’Autre, ainsi que d’étudier et accepter les croyances qui en découlent (…) Ainsi, les événements qui sont considérés par la majorité juive comme la réalisation de ses aspirations nationales sont perçus par la minorité arabe comme une catastrophe nationale”
Un regard sur la composition de la commission de travail se suffit à lui-même pour se convaincre que les intentions de la ministre étaient essentiellement politiques, et qu’elle cherchait à mettre en oeuvre l’idéologie nocive et dangereuse prônée depuis des années par l’extrême gauche israélienne et même dans une certaines mesure par les milieux post-sionistes: aucun représentant des idées du centre ou de droite, ni du réseau éducatif sioniste-religieux. La liste des membres présente un panel d’universitaires israéliens situés à gauche et militants des droits des Arabes israéliens…ainsi qu’un échantillon d’universitaires arabes allant naturellement dans le même sens!
Dans l’idée de Youli Tamir, ce Rapport, s’il avait été mis en oeuvre, se donnait pour but de façonner la société israélienne de demain selon les idées de la gauche la plus radicale. Le Rapport évoque de la manière la plus naturelle “l’édification d’une société dans laquelle les citoyens seront à égalité absolue entre eux sur tous les plans, y compris politique”. En clair, la fin, à terme de l’Etat juif et du rêve sioniste, si ce n’est dans l’intention formelle en tous cas dans les conséquences inéluctables.
Parmi les nombreuses mesures concrètes proposées par ce Rapport: cours communs et multiplication des rencontres entre Juifs et Arabes dans divers domaines, apprentissage de l’histoire et de la culture de l’autre, enseignement obligatoire de la langue Arabe dans les écoles juives, création d’ouvrages scolaires exprimant la connaissance de l’identité nationale des autres communautés, création d’écoles mixtes, formation d’enseignants adaptés à cette nouvelle direction pédagogique, nominations d’enseignants arabes dans des écoles juives et d’enseignants juifs dans des écoles arabes, promotion de mouvements de jeunesses mixtes, promotions de tous les organismes qui agissent dans le domaine du rapprochement judéo-arabe etc.
L’esprit général de ce Rapport est donc basé sur une approche “éthno-empathique” des rapports sociaux. Or cette thèse est vouée à l’échec dans le cas israélien pour deux raisons majeures: premièrement, l’empathie et la reconnaissance de la problématique arabe palestinienne ne peut se faire qu’au détriment de notre propre identité et de notre conviction de maintenir un Etat juif sur cette terre. La situation actuelle d’Israël dans bien des domaines provient justement et essentiellement d’une érosion de l’ethos juif et sioniste parmi les élites israéliennes.
Deuxièmement, une telle approche, si elle avait une quelconque utilité, ne serait acceptable que si elle est entièrement réciproque, ce qui n’est pas et ne sera jamais le cas. Aucun responsable éducatif arabe israélien ne sera prêt à sensibiliser en quoi que ce soit ses élèves au droit des Juifs à posséder un Etat dans cette région. C’est exactement le contraire qui se passe depuis des années, et qui se traduit par une radicalisation de le jeunesse arabe israélienne et sa solidarité de plus en plus affichée avec les ennemis d’Israël et les mouvements terroristes palestiniens.
Youli Tamir va quitter le ministère de l’Education. Durant les presque trois années de son activité, elle aura tenté à maintes reprises de porter atteinte de manière directe ou sournoise à l’éducation juive et sioniste, et essayé d’introduire dans les programmes israéliens des concepts favorables à ceux qui ne rêvent que de nous chasser de cette région, suivant ainsi la course suicidaire d’une partie minoritaire mais hyper-influente de la société. Il est crucial que Binyamin Netanyahou nomme un(e) ministre de l’Education qui saura redonner à l’Education juive et sioniste ses lettres de noblesse, et qui jettera ce Rapport aux oubliettes, en espérant qu’un futur changement de majorité de le remette pas au goût su jour.
Il est tout à fait possible voire souhaitable que les programmes scolaires juifs et arabes appellent davantage au respect de l’Autre et à la lutte contre le racisme. Cette exigence est d’ailleurs déjà appliquée dans le système scolaire juif. Mais lorsque cela atteint l’identité collective, cette volonté de rester “objectivif et neutre” sur sa propre survie nationale devient extrêmement dangereuse.
Et si l’on dit communément qu’il n’existe plus de grandes différences entre les grands partis politiques, on voit que cela ne se vérifie pas forcément. L’Education peut être une arme autant salavtrice que destructrice. Si Tamir était restée encore une ou deux années à son poste, sa “réforme” aurait sans doute été mise en oeuvre.
La regrettée psychanalyste franco-israélienne Eliane Amado Lévy-Valensi avait l’habitude de dire “que dans le chemin d’une nécessaire et inéluctable réconciliation future entre Israël et Ismaël, les deux civilisations, la juive et l’arabe devaient chacune se libérer de sa propre névrose: les Juifs doivent cesser de se mettre sans cesse à la place de l’Autre, et les Arabes doivent cesser de penser que pour qu’ils puissent exister, l’Autre devait disparaître”.
Beaucoup de chemin encore à parcourir…
Article repris du site Actu.co.il