L'ONU vote pour l'irréversibilité d'Annapolis
Le Conseil de sécurité de l'ONU a déclaré dans un texte présenté conjointement par les États-Unis et la Russie, son soutien au processus de paix d’Annapolis, lancé il y a un an, et son « attachement à l’irréversibilité des négociations bilatérales », lesquelles doivent notamment aboutir à la création d’un État palestinien.La résolution 1850, a recueilli 14 voix, la Jamahiriya arabe libyenne s’étant abstenue.
« Ensemble, nous devons maintenir notre unité et redoubler d’efforts », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans le débat qui a précédé l’adoption du texte. « Nous savons quelle doit être la conclusion du processus actuel », a-t-il rappelé, en précisant que « l’occupation entamée en 1967 doit cesser ». « Les Palestiniens doivent voir l’établissement d’un État de la Palestine aux côtés d’Israël afin de coexister avec lui dans la paix et la sécurité », tandis qu’Israël et le monde arabe doivent vivre ensemble dans le cadre d’une paix régionale globale, a souligné Ban Ki-moon.
La Secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a mis l’accent sur le caractère irréversible des négociations de paix lancées à Annapolis. « Il n’y a pas de remplacement possible pour le processus d’Annapolis et l’impasse n’est pas une option », a-t-elle estimé. « Il faut maintenir l’élan actuel en faveur de la paix », a dit, pour sa part, son homologue russe, Sergey Lavrov, insistant sur le soutien nécessaire de la
communauté internationale et l’« audace » dont doivent faire preuve les deux parties dans l’accomplissement des « tâches importantes » qui les attendent.La Conférence d’Annapolis, le 27 novembre 2007, a officiellement marqué le début des négociations bilatérales en vue de conclure avant la fin de 2008 un traité de paix qui réglerait toutes les questions en suspens et d’aboutir à l’existence de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.
« L’absence du processus d’Annapolis aurait amené à une situation beaucoup plus grave qu’aujourd’hui », a jugé le Ministre britannique des affaires étrangères, David Miliband, notant que la responsabilité d’une paix juste et durable n’incombait pas seulement aux Israéliens et aux Palestiniens, mais aussi à tous les États de la région.
La Jamahiriya arabe libyenne a regretté que le texte du projet de résolution n’aille pas plus loin. « Le niveau minimum de conditions propices à une solution juste nécessite que l’on condamne les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés et que l’on y mette fin », a en effet considéré son représentant.
Les délégués de l’Afrique du Sud et du Costa Rica ont exprimé leur souhait de voir l’Envoyé spécial du Quatuor, Tony Blair, faire un exposé devant les membres du Conseil au début de l’année 2009. « Cela incitera peut-être le Conseil à adopter une résolution plus détaillée la prochaine fois », a ainsi affirmé le représentant de l’Afrique du Sud.
Déclarations diverses (A MES YEUX SEUL LE BURKINA FASO EST PLUS OU MOINS EQUITABLE. POURQUOI TOUTES LES AUTRES NATIONS S'EN PRENNENT T-ELLES TELLEMENT A ISRAEL ?)
-En gras, les passages révélateurs-
M. HE YAFEI, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République populaire de Chine, a rappelé que la communauté internationale avait entrepris des efforts considérables, regrettant que les progrès accomplis demeurent malgré tout insuffisants. « Dans les nouvelles circonstances, nous espérons que les deux parties accéléreront les négociations, conformément aux résolutions des Nations Unies et au principe de la terre contre la paix, afin de parvenir à réaliser la vision de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité », a déclaré le Vice-Ministre. La Chine émet le vœu que 2009 soit une année de « bonnes récoltes » pour la communauté internationale. Le Vice-Ministre a appelé à l’arrêt de la colonisation et s’est dit inquiet des retombées du blocus exercé par Israël. Il a émis l’espoir d’une manière plus générale que le Moyen-Orient bénéficie du processus actuel, appelant Israël, la Syrie et le Liban à progresser en vue de régler leur différend. Il a émis l’espoir que le Quatuor renforcerait ses synergies avec le Conseil de sécurité, assurant que la Chine demeurera disponible pour apporter sa pierre à l’édifice.
M. GIADELLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) s’est dit convaincu que le Conseil de sécurité devrait, conformément à la Charte des Nations Unies, se prononcer sur cette question qui pose une menace constante à la paix et à la sécurité depuis plus de 60 ans. Le Conseil de sécurité s’est abstenu pendant de nombreuses années de prendre des décisions, et lorsque des résolutions ont été adoptées, un manque de volonté politique pour les appliquer a été observé, a-t-il dit. Le représentant a estimé que la situation dans la région au cours de cette année avait atteint un niveau extraordinaire de détérioration. Depuis le 27 novembre 2007, date de la Conférence d’Annapolis, les pratiques d’occupation israéliennes ne cessent d’augmenter, les meurtres et les pratiques d’intimidation se poursuivent et le siège de Gaza a empiré, a-t-il en particulier souligné. Les conditions de la vie quotidienne des Palestiniens sont insoutenables, a-t-il ajouté. Le niveau minimum de conditions propices à une solution juste nécessite que l’on condamne les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés et que l’on y mette fin, a-t-il assuré. Ces pratiques israéliennes ne sont pas la voie vers la paix, a-t-il conclu.
M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a souligné que la réunion d’aujourd’hui constituait « un événement », dans la mesure où les membres du Conseil de sécurité s’apprêtent à adopter une résolution sur la question israélo-palestinienne pour la première fois depuis mai 2004. « Au cours de ces quatre années et demie de silence, la France n’a eu de cesse de plaider pour un rôle accru du Conseil de sécurité en ce qui concerne le Moyen-Orient ». La France espère, a-t-il ajouté, que ce texte « va ouvrir la voie à une présence plus forte dans cette enceinte ». Ripert a salué « les importants efforts de l’Autorité palestinienne en matière de sécurité, de gouvernance et d’État de droit ». « Ces progrès appellent, de l’avis de sa délégation, des gestes réciproques d’Israël, à commencer par la question de la terre ». « Comme l’a fait l’Union européenne à plusieurs reprises, la France souhaite ainsi rappeler à Israël qu’il est nécessaire et urgent de mettre fin à la poursuite de la colonisation ». Le représentant a rappelé que les parties principalement concernées n’étaient pas les seules à avoir des responsabilités. « Il est également souhaitable que l’ensemble de la communauté internationale se mobilise en soutien à l’Autorité palestinienne, comme l’y invite le projet de résolution », a-t-il ajouté.
M. HOANG CHI TRUNG (Viet Nam) a rappelé que le processus de paix au Moyen-Orient avait commencé à Madrid il y a 17 ans sur la base des résolutions des Nations Unies et du principe « terre contre paix ». Au cours des deux dernières décennies, les Palestiniens ont pourtant continué de souffrir de l’occupation illégale d’Israël, a-t-il déploré. Le processus de paix se trouve aujourd’hui placé face à des défis et à des nouvelles possibilités, a estimé le représentant, avant de saluer l’engagement des parties palestinienne et israélienne pour parvenir à un règlement pacifique de la question de Palestine.
M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du sud) a indiqué que sa délégation était préoccupée par le fait que depuis la création, il y a cinq ans, du Quatuor pour le Moyen-Orient, la situation au Moyen-Orient, et en Palestine notamment, ne s’était pas améliorée. Au contraire, a-t-il fait remarquer, l’occupation illégale de la Palestine s’est intensifiée. Le représentant a également regretté qu’une année après la tenue de la réunion d’Annapolis, les négociations politiques n’avaient toujours pas produit de résultats tangibles.
M. JORGE URBINA (Costa Rica), tout en saluant toute initiative visant à promouvoir la paix au Moyen-Orient, a estimé néanmoins que la prolifération des efforts en ce sens ne libérait pas le Conseil de sécurité de sa responsabilité dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il a estimé que son pays ne se sentait pas représenté par le Quatuor et a demandé à celui-ci de rendre compte de son action. Le représentant a indiqué qu’il aurait préféré que le texte du projet de résolution comprenne notamment une référence à la situation humanitaire dramatique à Gaza provoquée, a-t-il dit, par une réponse disproportionnée aux attaques terroristes dont Israël a fait l’objet. Il a, de même, regretté l’absence d’un débat plus vaste sur ce sujet. Il a par ailleurs exprimé sa préférence pour un texte de projet de résolution qui tienne compte des questions fondamentales du conflit.
M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a souligné le fait que « la question israélo-palestinienne constitue l’une des plus complexes mais aussi l’une des plus paradoxales » de celles qui sont inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. « Elle est paradoxale, car en dépit de l’unanimité qui se dégage sur la nécessité de résoudre définitivement cette question, les parties et la communauté internationale peinent à lui trouver une solution acceptable pour tous ». Le représentant a noté en particulier que « les objectifs d’Annapolis étaient loin d’avoir été atteints ». C’est la raison pour laquelle le Burkina Faso souscrit à « l’initiative du Conseil de sécurité d’envoyer un message d’encouragement et de soutien aux parties ». Il les a invitées à « maintenir entre elles un dialogue franc, fait de concessions courageuses ». Le Burkina Faso estime que « toute initiative visant à aider les parties à surmonter leurs divergences, y compris celles du Quatuor, méritent d’être encouragées », a indiqué son représentant. La « vision d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité n’est guère une utopie. Elle n’est pas non plus antinomique de la sécurité d’Israël, bien au contraire », a-t-il fait remarquer avant de conclure.M. JAN GRAULS (Belgique) a constaté que l’on disposait aujourd’hui, plus d’une année après la réunion d’Annapolis, et pour la première fois depuis huit ans, d’une dynamique capable d’aboutir à l’accord de paix attendu depuis plus de 60 ans. Le représentant a appelé les autorités israéliennes au gel immédiat de la colonisation et à assurer que les violences commises ne restent pas impunies. Il a appelé également tous les acteurs, et avant tout le Hamas, à travailler d’urgence pour la prolongation de l’accalmie en vue de l’indispensable normalisation sécuritaire, humanitaire, économique et politique à laquelle aspirent légitimement les populations concernées. La Belgique, a-t-il ajouté, se joint au Quatuor dans son soutien aux efforts de l’Égypte pour obtenir une réconciliation entre Palestiniens, ainsi que la libération du caporal Shalit. Il a indiqué que la Belgique soutenait un rôle accru du Quatuor dans le suivi de la mise en œuvre des engagements des parties.
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