Fofana le barbare, fan d'Al Qaïda, militant salafiste et... Ignare!
L'audience a commencé à 14 heures ce mercredi. Maître Emmanuel Ludot a apporté des chips à son client, Youssouf Fofana. Rien d'autre, les gendarmes ayant refusé la veille qu'il lui fasse passer des fruits. La cour a consacré l'après-midi à l'audition de Youssouf Fofana et Jean-Christophe G. sur la circonstance aggravante que constituerait le caractère antisémite de leurs actes.
Jean-Christophe G. a déclaré à la cour qu'il n'était pas antisémite. Qu'il n'adhère pas aux propos tenus par Youssouf Fofana à ce sujet.
La présidente Nadia Ajjan a rappelé un courrier envoyé par Youssouf Fofana à l'avocat de la famille Halimi, maître Francis Szpiner, où l'accusé « déclare au nom d'Allah, du prophète de l'Islam, des salafistes, des musulmans, des martyrs de l'Islam, des femmes et des enfants qui sont morts et qui souffrent et qui mourront du capitalisme juif... Le sang d'un juif vivant doit être côté en bourse et son cadavre encore plus. »
La présidente a demandé ce mercredi à Youssouf Fofana si c'était la religion d'Ilan Halimi qui avait été un critère déterminant à son enlèvement ? Fofana n'a pas répondu directement, il préfère commencer ses interventions par « ce que je voulais dire... » Youssouf Fofana a donc déclaré que si Al Qaïda voulait de lui, il était partant. Que ses modèles à lui, c'est justement Al Qaïda et le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), etc.
L'avocat de la famille Halimi, Francis Szpiner, a interrogé le principal accusé. Il lui a demandé si son antisémitisme était plutôt politique ou religieux? Réponse : Les deux. Si Fofana était plutôt sunnite ou chiite ? Réponse : « Vous avez trouvé des documents salafistes chez moi ». Et Me Szpiner a voulu entrer dans les détails, en demandant à Youssouf Fofana quelle est la sourate du Coran qui dit qu'il faut tuer des juifs pour être un bon musulman. Fofana n'a pas su répondre, il a juste dit qu'il ne prétendait pas être un bon
musulman, mais qu'il allait se documenter, s'il fallait. L'avocat a aussi interrogé Fofana sur sa connaissance de son pays d'origine : quelle est l'ethnie dominante en Côte d'Ivoire ? Youssouf Fofana n'a pas su répondre. Comme il n'a pas su expliquer le lien qu'il fait souvent entre la souffrance en Afrique et les gens de confession juive.Youssouf Fofana a aussi déclaré avoir « gagné » quelque chose dans cette affaire : « Maintenant, chaque juif qui se balade en France se dit dans sa tête qu'il peut être enlevé à tout moment ». Quand l'avocat général Philippe Bilger lui a fait remarquer « l'énormité » de son propos, Fofana a insisté : « Je pense ce que je dis ».
Son avocat, maître Emmanuel Ludot, a dénoncé un débat idéologique, qui va bien au-delà de la question qui doit préoccuper la cour, à savoir celle de l'antisémitisme dans le cadre exclusif des faits qui sont reprochés à son client, à savoir la séquestration, les actes de torture et de barbarie, le meurtre d'Ilan Halimi. C'est l'avocat général, Philippe Bilger qui a voulu savoir ce qui a guidé Youssouf Fofana dans la perprétration de ses violences à l'encontre d'Ilan Halimi. L'accusé a répondu qu'il s'agissait de faire comprendre à la famille qu'il fallait payer. Il avait indiqué un peu plus tôt à la cour : « Si j'avais vu un africain avec beaucoup d'argent, je l'aurais enlevé aussi. »
Elsa Vigoureux
P.S : Ce procès se tient à huis-clos. Aussi ce blog est-il écrit à partir d'informations recueillies, entre autres sources, auprès de personnes qui assistent à l'audience, et dont, bien entendu, nous taisons les noms.
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