Prison ferme pour un nazillon lillois

Publié le par JSS

Mercredi dernier, Rémy Leduc, un Armentiérois de 18 ans et 2 mois, était impliqué dans une bagarre : un groupe de skin-heads (têtes rasées) s'acharne sur l'un d'entre eux qui les aurait « trahis ». La scène se déroule devant la DDE, près d'Euralille, où les skins ont l'habitude de se regrouper (voir NE de samedi dernier). On entend des cris : « On va te faire ce qu'on a fait aux Juifs pendant la guerre ». Leduc est le seul arrêté mais, en comparution immédiate vendredi soir, il est renvoyé en instruction par le président Thierry Polle.
Hier, surprise, le jeune homme revient en comparution immédiate : cette fois, il s'agit de l'affaire des jets de cailloux et des inscriptions nazies sur la synagogue de Lille. Les faits se déroulent le 13 janvier dernier, rue Angelier, et avaient suscité une grande émotion.

Cependant, un des lanceurs de cailloux avait commis une grosse erreur : il avait ramassé la pierre avenue Lebas et n'avait mis ses gants que pour la lancer.
Le laboratoire interrégional de la police scientifique (LIPS) n'a pas tardé à découvrir des traces de l'ADN de Rémy Leduc sur un des projectiles. Rémy Leduc est interpellé : il avoue mais la perquisition chez lui ne donne pas grand-chose. À part une photo où le jeune homme, dans un musée anglais, pose à côté de la statue en cire d'Adolf Hitler.
Hier, le prévenu se retrouve dans le box avec un masque sur le nez car il est atteint d'une grave maladie contagieuse. Étrange silhouette que celle de ce jeune homme très pâle qui se présente comme un suiveur. « Je suis mal à l'aise, c'est comme des trucs qu'on voit à la télé » souffle-t-il.
La police a identifié un mineur qui, semble-t-il, aurait un rôle moteur. Ce dernier, qui porte une énorme croix gammée tatouée sur le torse, a été placé hier dans un foyer éducatif renforcé dans le Dunkerquois. L'autre mineur a été rendu à ses parents.
La présidente Nourith Reliquet tente de discerner le rôle de Rémy Leduc. Durant sa garde à vue, il avoue sa détestation des Juifs, des Arabes, des Noirs.
Son casier judiciaire indique d'ailleurs déjà des bagarres et des insultes racistes. Mais, hier soir : « Ce n'est pas moi qui ai inscrit la croix gammée sur la synagogue. Nazi ? Non, raciste avec la racaille et la vermine ». La présidente : « Et ZOG, sur la synagogue, qu'est-ce que ça veut dire ? » Réponse : « Gouvernement Occupé par les Sionistes. J'ai vu ça sur Internet, c'est de l'anglais. C'est pour faire monter la tension entre les Arabes et les Juifs ».
Pour le reste, « c'est surtout une vie affligeante et triste » résume la procureure Anne-Lise Cau. Mais, « ce sont des délits nauséabonds, tout un contexte de racisme et d'antisémitisme ». La procureure demande une année de prison dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve.
En défense, Me Maxime Moulin relativise : « Les faits sont très graves mais mon client n'est pas le dernier des derniers. C'est un suiveur et il faut le juger pour ce qu'il a fait, pas pour ce qu'il est. C'est le fils d'une famille totalement dissoute, un jeune homme qui se cherche des copains qui se réunissent dans un bistrot près de la gare de Lille ». La présidente Reliquet prononce une condamnation qui reprend les réquisitions de la procureure.
-rédigé par Didier Specq-

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Publié dans Europe

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