L'expérience Israélienne...

Publié le par JSS

Seuls ceux qui vivent en Israël savent de quoi je peux parler. Pour les autres, je vais faire en sorte de m'exprimer au plus juste pour vous faire ressentir nos sentiments. L'histoire qui suit est vraie. Elle date de ce matin.

Station centrale de bus, Tel-Aviv, 7h21. J'arrive en courant au 6ème étage de la station centrale. Je cherche du regard toute indication sur l'emplacement de départ du direct pour Jérusalem. Soudain, je reconnais le numéro de mon bus, le 405. Je me précipite. Il part dans 3 minutes. Mais je sais pertinemment qu'il va surtout partir dès qu'il sera plein et à cette heure-ci, pour aller dans la capitale, ça doit déjà être pas mal... Je suis en effet le dernier à grimper les trois marches qui mènent au chauffeur, je lui tend mon ticket, il composte puis je regarde enfin l'intérieur du bus. Que des soldats. On va dire 95% de soldats qui rentrent de permission pour retourner dans leurs bases. Je m'assois sur le dernier siège disponible. Je suis à bout de souffle, je suis crevé de ma nuit, je suis en retard pour le boulot... Rien de bon qui vaille.
Le bus démarre... Un vieux type avec un chapeau de cow-boy et des longs cheveux blancs est à l'extérieur. Il tape à la porte. Le chauffeur fint de l'ignorer. Mais le vieille homme persiste. Le chauffeur ouvre la porte et lui lance un "il n'y a plus de places, prend le prochain dans 10 minutes." Le vieille homme lui dit non, non, j'ai un message à passer, j'en ai pour trente secondes... Le bus s'immobilise. Tout le monde regarde l'homme. Les soldats veulent profiter de leurs derniers moments pour dormir et ils n'ont vraiment pas envie de prendre du retard pour arriver à leur base. Le vieille homme regarde les soldats un à un. Il a un léger sourire en coin. Puis il commence à parler : "Mes enfants, je ne vous connaît pas, mais vous êtes mes enfants. Vous êtes les enfants d'Israël. Vous portez l'uniforme  qui permet au juifs du monde entier d'être en sécurité dans un seul lieu au monde, ici, en Israël. Je ne sais pas ou vous allez, je ne sais pas si vous rentrez dans votre base, si vous partez à Gaza, si vous allez aux frontières nord, est ou ouest. Je ne sais pas si vous allez devoir tirer au M16 sur un terroriste ou soigner un de vos frère touché par une balle ennemie. Je ne sais qu'une chose mes enfants, vous êtes nos anges gardiens. Grâce à vous, votre pays, notre pays, ne peut pas perdre contre le terrorisme. Grâce à vous, demain, l'Etat d'Israel vivra dans la paix, dans des frontières sûres et vos propres enfants n'auront plus à se cacher dans des abris lors des alertes rouges car il n'y aura plus d'alertes rouge. Votre puissance est notre assurance. Mes enfants, je vous bénis tous autant que vous êtes. Je prend sur moi tous vos péchés passés et à venir. N'ayez plus peur de rien. Rien ne peut vous arriver. Partez de Tel-Aviv dans la paix, revenez-y avec victoire mais aussi avec intégrité et envie de faire la paix. D.ieu vous protège mes enfants.".
L'homme sors du bus. Le silence qui régnait une minute avant dans le bus fait place à un brouhaha interminable. Tout le monde à l'air heureux, motivé, fier. Bon, tous sauf moi qui fonce à vive allure vers mon bureau... Alors qu'on passe près de l'aéroport, j'engage davantage la conversation avec mon voisin. Il fait partie d'une unité d'élite. Dans trois heures, il sera à Bethlehem pour une semaine. Il va devoir me dit-il, certainement combattre des manifestants armés qui veulent créer une nouvelle intifada. Il va devoir tirer des balles en plastique contre des tarés prêts à tout. Et si les ennemis tirent de vrais balles, il faudra attendre un commandant et l'aval de son supérieur pour sortir les vraies cartouches. Ethan sait qu'à chacun de ses tirs, un palestinien peut mourir. Mais il sait aussi qu'ils simulent beaucoup. Pendant 20 minutes il me raconte des histoires vécues... Ses yeux disent la vérité. Mais on ne peut pas y croire tant qu'on ne le vit pas. Tant qu'on ne le voit pas. Soudain il s'excuse, se retourne vers la vitre et commence à dormir un peu.
MP3 sur les oreilles, le bus arrive au pied de Jérusalem. C'est à ce moment là que j'entends la fin de l'Hatikva, l'hymne israélien. Puis la musique repart de plus belle avec des chants Hassidiques. Je prend conscience que la musique de vient pas de mes écouteurs, mais de l'extérieur. Des religieux sont arrêtes sur la droite. Ils sont 4 ou 5 à danser sur le toit du véhicule, les haut-parleurs à fond la caisse ! Dès qu'ils voient un bus plein de soldats, ils en rajoutent encore, dansent avec encore plus d'entrain, lève le bras, chantent plus fort. Les gens autour klaxonnent.
Ethan se réveille. Il sourit. Me regarde et me dit : "Je suis laïc et pas particulièrement sioniste. Je vis ici car mes parents vivent ici. Car je suis né ici. Je ne vais presque jamais à la synagogue et pour Kippour, je pars en randonnée avec des amis. Mais dans les jours comme aujourd'hui, je peux t'assurer d'une chose, je ne me suis jamais senti aussi proche de ces gens. Je n'ai jamais eu autant envie d'aller à l'armée que pour les protéger et les remercier de leur confiance".
Mes amis, je vous le dit, rien ne peut plus nous arriver !

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AM ISRAEL HAI
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A
C'est une très belle histoire que nous raconte ici. Et, je t'assure, tout Français que je sois, n'ayant jamais été plus loin que l'Allemagne, je comprends le sentiment qui traverse une population israélienne sans doute fatiguée par tant de violence, d'attaques suicides ou de frappes meutrières. C'est le sentiment qui traversait le peuple français à la veille de 1914: un esprit de revanche contre les sales Boches, contre une Allemagne dont on avait peur et qui avait absorbé une partie du territoire français. Et qui a conduit à ce que l'on sait... Je ne dis pas que ce sentiment est négatif: on ne peut pas le contrôler. Je dis simplement que ces manifestations de nationalisme - repli sur une identité par rejet de l'autre, l'ennemi - sont l'une (et non la seule) cause des désastres humains les plus meurtriers. Et que, tout légitimes qu'ils soient, ces témoignages sont très mauvais signes pour l'avenir de la région. Et cela ne fait que renforcer mes craintes pour votre sécurité, vos vies et votre quotidien. Et, crois-moi, ce qui se passe au Proche-Orient m'inquiète au plus haut point. Ma colère, intérieure, contre nos diplomates et les politiciens de la région - qui exploitent ce nationalisme exacerbé - ne peut être comprise que par des citoyens du monde, avertis, capables d'indignation face aux pires atrocités qui frappent la planète.<br /> <br /> En tout cas, un grand merci pour ce témoignage !!
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