La normalisation avec Israël à l’ordre du jour

Publié le par JSS

Le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, a tenu à préciser  ce mardi 25 Août 2009 à Londres, lors de son entretien avec l'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, George Mitchell, qu'Israël ne fera aucune concession  sans que les  Américains fassent pression sur les  responsables Saoudiens pour normaliser préalablement leurs relations avec l'Etat hébreu.

Rappelons qu'à l'inverse du Qatar et d'Oman qui ont annoncé envisager positivement l'établissement de liens avec l'Etat hébreu, l'Arabie Saoudite exige toujours, préalablement à toute normalisation, le retrait total israélien de « tous les territoires de 1967 » !

Or Jérusalem souhaite que les principaux pays arabes s'engagent à cette normalisation, en réponse aux concessions consenties, avant le sommet international qui se tiendra à New York le 22 septembre prochain, et qui devrait être marqué par une première rencontre entre Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas.

La « normalisation » avec Israël, terme habituel qui veut dire la reconnaissance et l’établissement  de relations diplomatiques entre les capitales arabes et l’Etat Juif, reste en effet la démarche essentielle que certains  dirigeants arabes hésitent encore à la franchir par manque de courage politique.

En ce sens, le gouvernement américain a exercé, depuis  peu, de  fortes pressions sur plusieurs pays du Golfe persique afin que ceux-ci renouvellent leurs relations diplomatiques avec Israël dans le cadre du plan de paix du président Obama. Les deux premiers pays qui pourraient renouveler leurs relations avec Israël sont le Qatar, qui a rompu ses relations avec Israël suite à l’opération Plomb durci et a fermé la représentation israélienne à Doha, et Oman, qui avait fermé la représentation israélienne suite au déclenchement de la deuxième Intifada.

Le Qatar et Oman seront donc probablement  les premiers à renouveler les relations. Les autres pays sur lesquels Washington exerce des pressions sont le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie, trois pays qui avaient des relations diplomatiques avec Israël mais qui les ont coupées pour protester contre l’action de Tsahal dans les territoires. Le dernier de ces pays à avoir rompu ses relations avec Israël a été la Mauritanie, là aussi suite à l’opération Plomb durci.

Le président égyptien, Hosni Moubarak en visite à Washington 18 août dernier, s’est montré   optimisme quant à l’avenir de la « normalisation » des relations entre  les pays arabes et Israël. Lors d’une rencontre particulière avec des dirigeants d’organisations juives, le président égyptien s’est montré très chaleureux et cordial envers Israël et ses dirigeants qui oeuvrent pour la paix.

Au terme de la rencontre avec Abe Foxman, président de l’Anti-Defamation League., Moubarak a adressé des compliments aux dirigeants israéliens et notamment au ministre de la Défense, Ehud Barak, au président Shimon Pérès et au Premier ministre Binyamin Netanyahu qu’il a qualifié d’« homme de paix ».Le président Moubarak a toutefois souligné qu’il s’agit là d’un processus long et lent et que les Israéliens doivent faire preuve de patience lorsqu’ils réclament des pays arabes des gestes destinés à bâtir la confiance.

Le président égyptien Hosni Moubarak encourage sérieusement   les Etats arabes de franchir le pat de la « normalisation  » avec Israël. Il est  l’un des quelques dirigeant arabes  à avoir la  certitude que l’établissement de liens avec l’Etat Hébreu crée un climat dans lequel il sera possible de voir certains pas positifs et d’espérer de négocier en vue d’un règlement définitif des problèmes en suspens.

Toujours dans les cadres des efforts de «  normalisation   »   le président américain,  Barack Obama, s'est entretenu par téléphone,  le 20 Août dernier  avec le roi Abdallah II de Jordanie, qu'il a appelé  "à prendre des mesures", de concert avec d'autres pays arabes, pour favoriser la « normalisation »  avec Israël   et donc la  reprise des pourparlers israélo-palestiniens.

Le Premier ministre Netanyahu israélien s’est entretenu aussi,  ce 23 Août,   avec le roi Abdallah de Jordanie à qui il a adressé ses vœux à l’occasion du mois de Ramadan. Les deux hommes ont également évoqué le processus diplomatique. Le roi Abdallah a souligné de sa part l’importance de « normaliser les relations des pays arabes avec Israël qui fera progresser les pourparlers entre Israël et les Palestiniens »

Monsieur Netanyahu a fait tout pour promouvoir le processus de paix avec les Palestiniens. Il s’est déplacé de la droite vers le centre de l’échiquier politique en faisant sien le principe de deux Etats pour deux peuples qu’il a fait adopter par le Likoud sans véritable opposition.  

Israël a le droit  donc d’attendre en échange des gestes de la part des pays arabes. Les pays arabes  devront prendre certaines mesures allant des questions  de la normalisation à la sécurité régionale et à plusieurs dossiers internationaux intéressant les États arabes et Israël.

Le plus mot d'ordre  aujourd’hui est de préparer l’opinion arabe et à en tâter le pouls envers une éventuelle normalisation arabo-israélienne. Les appréhensions de certains  pays arabes de l’Iran, les ont poussés  déjà à ouvrir des canaux de contact et de coordination avec Israël. On parle même de « contacts avancés » entre Israël et les pays du Golfe, signalant que les deux parties se sont engagées à en préserver la confidentialité.

Ftouh Souhail, Tunis

 (1) L’Egypte et Jordanie-  deux pays modérés-  sont les seuls pays arabes qui ont normalisé les relations avec l’Etat d’Israël. Ces pays sont en paix avec l’Etat juif  et ils  appellent les autres pays arabes à joindre le camp de la paix.

Publié dans Tribune Libre

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