L'Antisionisme expliqué à mes potes !

Publié le par JSS

On a beaucoup diffamé l’antisionisme. Dernière tête connue de l’hydre antisémite pour les uns, clef indispensable à la compréhension du monde pour les autres et, pour la plupart des gens, un OVNI dont ils se demandent ce qu’il peut bien venir foutre dans le ciel français. Dieudonné, Soral et leurs alliés du Parti antisioniste de France (PAS) attaquent à découvert le lobby du Golem et de Superman aux élections européennes.

Les voilà donc au combat sur deux fronts : l’État d’Israël et l’emprise du sionisme sur la France.

Pour l’État juif (le problème, justement, est qu’il le soit), le projet antisioniste, le respectable, est d’en faire un État binational qui, par la démographie et la démocratie combinées, deviendrait vite un État arabe de plus dans la région. Pour les juifs, retour en dhimitude. Vu l’ambiance dans le voisinage, territoire judenrein un jour ? La Rue arabe du Quai chère à Luc Rosenzweig débordée par des extrémistes ? L’antisionisme : le droit des peuples à disposer de leurs juifs ?

Mais l’ennemi principal des dieudonnistes et associés, c’est le lobby qui, en France, tente de bâillonner les libres penseurs. Le logo du PAS est explicite : l’Hexagone est enveloppé dans un drapeau israélien, barré d’une croix pour que puisse se relever l’étendard aux trois couleurs. On imagine une pieuvre dont une tentacule interdit Dieudonné de spectacles à Bourges comme à Saint-Benoît (Poitou-Charentes), pendant qu’une autre prive Alain Soral de médias – la pieuvre qui s’étend sur le monde, on se demande où ils vont chercher tout ça. Mais tout n’est pas réchauffé dans leur cuisine. Ils peuvent, par exemple, vous expliquer que les premières victimes du sionisme, ce sont les juifs. À les entendre, les juifs les moins communautaires, pris en otage par des “organisations mafieuses”, gagneraient à les rejoindre. Au moins, c’est vaguement nouveau, ils font des efforts. Parce que nous le valons bien ?

La surprise du chef, c’est la caution. Cette fois-ci, le juif de service est un rabbin antisioniste. Les chantres de l’égalité, de la réconciliation et de la laïcité républicaine ont trouvé un barbu enchapeauté, qui attend le messie et l’Israël de la Bible en vomissant l’Israël de l’Histoire. Le spectacle de Dieudonné et Soral assis entre deux autorités à calotte, le rabbin et l’impayable Yahia Gouasmi, représentant chiite venu éclairer les Français des lumières du Hezbollah, nous promet de grands moments d’Internet, à défaut de moments de télévision (le lobby, rappelez-vous).

Pourtant, sur RFI mardi 5 mai, notre maîtresse de maison acceptait, c’est dans son caractère, ce que tant d’autres avaient refusé : un débat avec Alain Soral sur la question sioniste. L’échange fut réjouissant, mais, si les ressorts de cette idéologie sommaire ont pu apparaître à certains, le mystère Soral reste entier. Le décalage entre le talent d’hier et le discours d’aujourd’hui laisse perplexe. On se demande quel grain de sable juif est venu un jour enrayer une machine aussi brillante pour que ses analyses se réduisent à un leitmotiv : l’Elysée – et tout ce qui décide dans ce pays – sont aux mains crochues du CRIF.

Il suffit de se rendre sur le site du parti de Gouasmi (le colistier) pour y consulter le programme – pas le pogrom, ne vous trompez pas en cliquant (non là je déconne, il faut encore lire entre les lignes). Celui du président Gouasmi tient en quatorze points qui valent bien un peu d’exégèse quasi-talmudique. Allons-y.

• Faire disparaître l’ingérence sioniste dans les affaires publiques de la Nation.
Eh oui, on ne va pas se voiler la face. Continuons :

• Dénoncer tous les hommes politiques qui font l’apologie du Sionisme ;
• Eradiquer toutes les formes de Sionisme dans la Nation ;
• Libérer notre État, notre gouvernement et nos institutions de la main mise et de la pression des organisations sionistes.

On dénonce, et après on éradique. Si après ça, il reste encore un peu de sionisme, je veux bien qu’on me la coupe (enfin, juste le bout). Après la répression, l’ouverture. Lisez plutôt :

• Promouvoir l’expression libre de la politique, de la culture, de la philosophie et de la religion et les libérer du Sionisme.
Ça, ça va libérer de l’espace vital. Voilà, ça continue comme ça avec treize points qui, les signataires le jurent, n’ont rien à voir avec un quelconque antijudaïsme, et un quatorzième qui va rassurer tout le monde :

• Militer pour l’instauration d’une société de justice, de progrès et de tolérance.
Ouf, on respire. Tout ça pour ça.

Pour lever des foules dans les banlieues, le programme a l’air au point et semble obéir à une règle d’or qui a fait ses preuves dans toutes les sociétés du Moyen Orient (toutes sauf une), où l’antisionisme a apporté “justice, progrès et tolérance” : la répétition du mot “sionisme” dans un texte multiplie les bulletins antisionistes dans les urnes. Que le produit apparaisse au maximum dans le message : on ne vend pas la lessive autrement. C’est le but d’une élection, la stratégie y a toute sa place et puis Soral rappelle qu’il n’est pas membre du PAS. On a les alliés qu’on peut mais son intelligence, là-dedans, elle est passée où ?

Comme dirait l’ami Marc Cohen, Alain, reste avec nous, on fait des frites.

Excellent article diffusé sur causeur.com

Publié dans Tribune Libre

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joel 08/05/2009 12:28

Parfait définition de l'antisionisme :
 
L'antisionisme : forme politique de la haine antijuive .
 
Lire la suite sur :
 
http://contrecourant1.wordpress.com/2009/05/08/aux-origines-de-lantisionisme-iv-lantisionisme-une-ideologie-xenophobe-et-schizophrene/

joel 07/05/2009 18:09

Expliquer l'Anti-sionisme à ses "potes" !Apprendre le Solfège à un sourd !La langue des signes à un non-voyant !Pisser dans un violon ................................................................................

Diani 07/05/2009 16:16

Le problème est définitivement réglé. Que cette dépêche circule et Soral disparaîtra de la scène.
……………………………………………………… Alain Soral quitte le Parti Anti Sioniste pour le Parti Anti Auvergnat
Alain Soral en Scoop, doublé sur sa gauche par un auvergnat en Vélib’ mais propriétaire à Paris d’une dizaine de chambres de bonnes, écoeuré par sa potée, se lance enfin dans la bataille. Oui, les billets de banques sont imprimés à Chamalières et le lobby de la pomme s’étend jusqu’à Moscou. Oui, pour gagner Saint-Jacques la Mecque depuis la place du colonel Fabien, le passage par le Puy est incontournable. Oui, mais qui le sait vraiment, les lentilles blondes de Saint-Flour font les choux gras des brasseries parisiennes où des pétasses bobos de Salers viennent se remplir la panse - les salopes ! – aux frais du pauv’paysan.
Alain Soral a pris la bonne décision et je l’en félicite. Voilà des années, des mois, des semaines et trois jours que je rumine ma vengeance. Des hommes qui montent sur Paris le sabot à l’épaule pour ne pas user le talon, des billets de banque dans les poches, des blondes dans l’assiette et des bonnes dans les chambres au-dessus des brasseries… nous tenons là, Alain, la prochaine éruption politique qui fera passer le Vésuve de conneries des campagnes de Bruxelles pour un pétard mouillé.
Décision bien lucide. Après des semaines de jeûne, de messes noires, d’huile sur le feu et de distinctions écœurantes (anti-mais pas anti-), un poulet bourbonnais gagné à l’ennemi scellera dans l’assiette une première victoire. Le pouvoir de la bouffe et des chambres de bonnes reste le plus prisé. Une fois consommée la mauvaise vinasse des offrandes aux Seigneurs, et il sont nombreux, en nouvelle communion médiatique, sur les bars misa Soral.
Reuters, AFP et réconciliation.
http://bernat.blog.lemonde.fr/.....auvergnat/