La Syrie et l'Ayatolland d'Iran pourraient boycotter Durban II

Publié le par JSS

L'Iran et la Syrie ont remis en cause le consensus et demandé plusieurs modifications. Si ces dernières n'étaient pas prises en compte, les diplomates de ces pays pourraient boycotter la conférence de Durban II.

Dans l'ignorance du contenu définifif de la déclaration finale, nombre de délégations restent dans l'expectative, a indiqué mercredi une source diplomatique. Seul un accord sur le plus petit dénominateur commun semble se profiler, selon cette source occidentale. Des risques de dérapage ne sont toujours pas exclus.

Aucun pays ne s'est non plus porté candidat pour assurer la présidence de la conférence, alors que celle-ci s'ouvre à Genève dans dix jours, le 20 avril.

Les délégations examinent depuis lundi le projet de déclaration de 17 pages, paragraphe par paragraphe. Le document final devra être transmis au comité préparatoire qui se réunit dès mardi au Palais des Nations.

Les Européens ont réaffirmé qu'ils sont hostiles à toute nouvelle norme et à toute mention d'une situation géographique spécifique, en particulier le conflit israélo-palestinien. Ils ont indiqué que la question de la liberté d'expression est un point crucial.

Mais l'Iran et la Syrie, notamment, ont tenté depuis lundi de réintroduire sous une autre formulation la question de la diffamation des religions en critiquant «les images négatives et insultantes des religions, dont l'Islam en particulier». Téhéran a aussi souhaité renforcer la notion de «diversité culturelle» et dénoncer «les abus de la liberté d'expression». L'Union européenne a proposé d'introduire un paragraphe affirmant qu'il n'y a pas de hiérarchie entre les victimes du racisme. L'Afrique du Sud et l'Iran s'y sont opposés et le Pakistan a précisé que «toutes les victimes ne sont pas dans la même catégorie».

Le mandat d'un nouvel Observatoire du racisme, qui pourrait être un résultat concret de la conférence, divise également les délégations. Les pays non-alignés sont réticents à l'idée que les ONG puissent fournir des informations au Haut Commissariat aux droits de l'homme.

Les Etats-Unis continuent de garder le silence. Il était question que l'administration Obama rejoigne le processus in extremis si ses réserves pouvaient être ajoutées au document final. Dans une note de bas de page, Washington indiquerait que les Etats-Unis n'approuvent pas le paragraphe réaffirmant la Déclaration de Durban de 2001, qu'ils n'avaient pas adoptée à l'époque.

Selon Anne Bayefsky, de l'ONG «Eye on the UN» basée à New York, «une telle note de bas de page ne paraît pas en mesure de satisfaire» les Etats-Unis.

La décision récente de Washington de rejoindre le Conseil des droits de l'homme, connu pour être très anti-israélien, pourrait pousser Barack Obama à offrir une compensation aux Juifs américains en ne participant pas à la conférence de Genève, affirme Anne Bayefsky.

Elle critique par ailleurs les atermoiements de Washington jusqu'à la dernière minute. «Ce retard honteux à faire connaître sa décision fait obstacle aux chances d'un boycott plus large de cette réunion dangereuse», affirme-t-elle. Israël et le Canada ont annoncé qu'ils boycottent la réunion, l'Italie reste dans l'expectative.

Publié dans Monde Arabe - Liban

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