Mardi 31 mars 2009
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Israël cherche à tourner la page de longs mois d'instabilité politique. Après les déboires de son président Moshe
Katsav et les implications de son Premier ministre Ehoud Olmert dans plusieurs affaires de corruption, l'Etat hébreu se choisit un nouveau gouvernement. Les Israéliens veulent oublier ces
semaines difficiles, marquées par la crise et davantage assombries par l'Opération Plomb Durci. Le nouveau Premier ministre, Benjamin Netanyahou, qui a présenté la composition de son cabinet
mardi à la Knesset [le Parlement israélien, ndlr], est donc attendu au tournant.
Devant les députés, Bibi a tenté de rassurer. L'arrivée de Lieberman au poste de ministre des Affaires étrangères
et celle de l'ultra-orthodoxe Ariel Attias à l'Habitat ont en effet été fraîchement accueillies: la première étant susceptible de faire reculer le processus de paix (selon les médias européens!),
la seconde de relancer des plans de colonisation en Judée et Samarie (toujours selon les médias européens !!).
Mais mardi devant la Knesset, le nouveau Premier ministre a fait de la paix dans la région une priorité. Saluant
la "grandeur" et la "richesse" de la "culture islamique", il a déclaré: "Israël s'est toujours (...) efforcé de conclure une paix globale avec l'ensemble du monde
arabe et musulman, et aujourd'hui cette aspiration est soutenue par un intérêt commun d'Israël et des Etats arabes contre l'obstacle fanatique qui nous menace tous." Il n'en a toutefois pas
oublié les ennemis d'Israël. "L'islam radical cherche à nous éradiquer (...) Nous sommes déterminés à lutter contre le terrorisme tous azimuts et à combattre jusqu'au bout",
a-t-il lancé à la tribune de la Knesset, avant d'appeler la communauté internationale à lutter contre le programme nucléaire iranien... Les prochains mois promettent d'êtres chauds
!
Netanyahou a ensuite ouvert le dossier palestinien. "Je le dis aux dirigeants de l'Autorité
palestinienne: si vous voulez vraiment la paix, il est possible d'arriver à la paix. Le gouvernement sous ma direction agira pour arriver à la paix sur trois volets: économique, sécuritaire et
politique", a-t-il déclaré, avant d'ajouter: "Nous mènerons des négociations de paix permanente avec l'Autorité palestinienne en vue de parvenir à un accord final et nous ne voulons pas
contrôler le destin des Palestiniens." Des propos qui détonnent au regard de ses discours de campagne, très durs à l'encontre de l'autre camp. Il avait notamment estimé que les négociations
avec les Palestiniens devaient se limiter aux seules questions économiques. Le nouveau chef de l'exécutif israélien n'est toutefois pas allé jusqu'à parler d'un Etat palestinien indépendant,
revendication première de l'Autorité palestinienne et... objectif-clé de la diplomatie américaine.
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