Peut-on critiquer les ''palestiniens'' ?

Publié le par JSS

 

http://www.iqrashop.com/images/liv-040405-3.jpgParmi les effets de mode pseudo-intellectuelle, il y a le bonifacisme subtil. Souvenez-vous ! Le mémorable Est-il permis de critiquer Israël ? Titre raccoleur dans une période de judéophobie décomplexée, qui ne fait qu'apporter sa pierre à l'ambiance délétère où tout ce qui est juif ou israélien est démonisé.
On connait la réponse habituelle des ergoteurs : selon eux, il suffit que les juifs agitent la même rengaine de l'antisémitisme pour faire taire les critiques à leur encontre, critiques qui seraient d'autant plus légitimes qu'elles oseraient affronter et dénoncer l'éternelle domination des juifs...
Maintenant, à mon tour, je demande : Est-il permis de critiquer les critiqueurs ?
Intituler son ouvrage Est-il permis de critiquer Israël ? ne veut rien dire de plus que vouloir faire taire toute opinion qui ne soit pas à charge. Quant à oser un plaidoyer d'Israël, autant abandonner toute illusion...

 

Étant donné qu'il n'y a aucun risque à critiquer Israël, le mot critique ne signifie pas autre chose qu'accuser. Je ne peux que me demander en quoi la politique intérieure d'un pays les préoccupe à ce point. Ont-il ce même courage de critiquer la Chine dont le respect des droits humains les plus élémentaires n'est pour le moins pas vraiment exemplaire ? À moins de considérer que les ''droits de l'homme'' soient une variable, adaptable selon les risques pris... Et selon l'intérêt à s'assurer une notoriété sur la vague antijuive...

 

Don Quichotte et ses moulins
La critique dirigée exclusivement contre Israël croit donc pouvoir cacher sa nature judéophobe en adoptant deux postures.
La première, celle du héros luttant contre des forces invisibles surpuissantes empêchant leur logorhée littéraire... Si ces littérateurs sont confrontés à autant de forces contraignantes, comment ont-ils pu réussir à publier ? Cela tient du miracle... Je devrais plutôt dire que cela permet de créer de facto une posture de héros, fondée sur une prétendue qualité morale supérieure qui se révèlerait dans leur lutte sans merci menée contre des forces occultes. Rushdie aussi parvient à publier, mais, aux dernières nouvelles, aucune fatwa ne vise les critiqueurs...
Et la seconde, celle du subtil écran de fumée, reprenant la sempiternelle ritournelle : l'antisionisme ne serait pas l'antisémitisme, ah bon ? En aucun cas, je ne pourrais prêter à Monsieur Boniface la conviction d'être menacé par des juifs aux doigts crochus, réunis le shabbat pour briser sa carrière...

 

Intention louable alors, mais un manque de clairvoyance ? Ou ne serait-ce pas plutôt un manque de courage ? La prétendue critique d'Israël offre généreusement aux judéophobes une apparente respectabilité, la caution d'un intellectuel de renom, directeur d'un centre de recherche... Les agressions visant les juifs et les lieux culturels ou religieux juifs en France ont connu un regain inouï depuis la mise à la mode de la critique d'Israël. Comme les intellectuels de bon aloi n'hésitent plus à le dire, les juifs empêchent toute critique, ils oppriment et dominent le monde ; finalement, agresser en France tout ce qui, de près ou de loin, est juif, ce n'est que se défendre, ce n'est que la réponse de l'oppressé à l'oppresseur, les éliminer, c'est donc pratiquer la justice... Voilà en effet une admirable façon de critiquer la politique israélienne...

 

http://www.darleenclick.com/weblog/archives/antisemite_tshirt.jpgUne rhétorique de la haine
En dépit de ses allégations, l'antisioniste militant est antisémite. En dépit de sa rhétorique grandiloquente, l'antisioniste pratique une judéophobie digne héritière du fascisme national-socialiste. Ce n'est pas faire preuve d'anachronisme, c'est regarder la réalité en face, la démonisation d'Israël par les justiciers anti-sionistes a recours aux mêmes procédés que la démonisation nazie envers les juifs. Il n'y a même pas besoin de changer l'image du juif peureux et sournois en juif brutal et violent : il suffit de participer aux manifestations de ''soutien à gaza'', d'écouter ce qui se dit et ce qui s'écrit. Pas besoin de revenir de Durban ou bientôt de Genève... Ce sont les graffiti de votre quartier, les tracts des associations gauchistes, ce sont les mots employés pour parler des juifs : cela s'appelle l'apologie de crimes contre l'humanité...

 

Tentons de faire le tour du fonds de commerce antisioniste ! Il obéit rigoureusement à cinq points :

 

''Israël est une contradiction''. Explication : selon eux, une religion ne forme pas un peuple, le judaïsme n'est qu'une religion, les juifs ne formeraient donc pas un peuple, et en ce sens, le nationalisme juif serait une une contradiction. Problème : appliquons la même règle aux cas des ''palestiniens'' : la lutte contre les sionistes se fait au nom du djihad contre les juifs et les croisés (lisez quelques pages de al hayat al jedida pour vous en convaincre), elle est donc religieuse, il n'y a donc aucun nationalisme palestinien (pour ceux qui ne lisent pas arabe, consultez la charte du hamas....)
''Israël est un pays créé arbitrairement''. Première version : confrontées à la lutte des colonisés, les puissances impériales auraient créé de force un épine imérialiste en Orient. Ou deuxième version : Israël serait la mauvaise conscience des occidentaux après la shoah et s'en seraient servis pour maintenir leur présence dans le Proche-Orient. Problème : que dire de la cisjordanie, qui comme son nom le dit, n'existe qu'en relation avec une transjordanie, lot de consolation des Britanniques au hachémites après leur fuite du hedjaz ?... Une histoire vieille tout au plus de 60 ans...
''Israël est le fruit d'une idéologie injuste''.Comme leur version de l'histoire ''omet'' toute présence juive dans le passé, ils peuvent alors faire croire que que le sionisme se réduit à une invasion de juifs européens sauvages (les rescapés de la shoah représentent un tiers des habitants juifs en 1948...) délogeant les paisibles paysans arabes, le sionisme ne survivrait qu'en privant les arabes de leur identité. Problème : l'OLP est créée avant la guerre de 1967 et la soit-disant ''occupation''. En clair, elle est dirigée contre toute présence juive. Ce n'est pas une nouveauté, les progroms anti-juifs des années 1920, 1922, 1929, 1936 le rappelent... D'ailleurs en lisant les théoriciens du nationalisme arabe, l'identité arabe se définit non pas territorialement mais culturellement et religieusement... Quant au racisme antijuif des palestiniens, il n'est pas inutile de demander pourquoi la présence de juifs en judée-samarie les gêne autant, si assurés sont-ils de gagner la ''guerre des berceaux''...
http://vivianericard.unblog.fr/files/2008/03/musulmans1.jpg''Israël est un mensonge''. Explication : les sites pro-palestiniens regorgent de subtilités qui vous formateront inexorablement une conscience libéré de l'emprise des sionistes, qui rappelons-le, sont une force occulte (mais démasquée), surpuissante (mais vaincue) ; rien de bien sérieux dans tout cela, sauf que vous apprendrez que le lien entre les juifs et Israël n'existe pas, qu'il n'a jamais existé, que finalement les juifs sont de nulle part, bref, qu'ils n'ont pas à exister. La question juive est résolue. Cela ne vous rappelle rien ? Je souhaite de vous retrouver l'an prochain à Jerusalem la restaurée...
Osons le dire : l'essence du sionisme, c'est plus que le vécu des juifs dans l'histoire, c'est leur liberté...
''Israël est une falsification contemporaine''. Explication : le plat antisioniste ne serait pas achevé s'il n'était accompagné de sa sauce paranoïaque... Le sionisme serait l'invention d'un seul manipulateur,Theodor Herzl, associé au pouvoir de l'argent. Théorie : l'occulte programme sioniste de domination du monde serait contenu dans ses livres accessibles à tous... l'État des juifs et les Protocoles des sages...du Hamas... Il ne reste plus qu'à revendiquer le soutien indéfectible à une cause arborant avec ostentation le slogan de l'humanitaire afin d' ''éradiquer l'entité sioniste''... Problème : il n'y a jamais eu de ''palestine'' arabe dans l'histoire.
L'anti-sionisme procède en stricte conformité à son idéologie : il ne prouve rien, il est la tautologie de la condition qu'il avait initialement posée. Nul besoin d'être un historien pour saisir l'inanité de ces mystifications. Pour autant, elle constitue la trame de la version ''palestinienne'' des événements, trame inconsistante et mouvante, qui s'adapte selon les trahisons du moment. Il m'avait suffi de demander à un militant anti-sioniste pourquoi les ''palestiniens'' n'avaient pas autorisé des archéologues de renom, mêmes pas israéliens, à fouiller le sous-sol du Mont du Temple (où des travaux sont censés agrandir l'espace de prière). Face à la surprise, il me répondit que c'était pour éviter une manipulation des sionistes. Mais si les traces découvertes attestent de la continuité et de l'ancienneté de la présence juive en Israël est un fait, en quoi cela peut-il déranger les justiciers qui ne parlent que vérité, moralité et histoire ?
Ce tableau succinct du fonctionnement de l'idéologie dite anti-sioniste serait incomplet si ne s'y répandaient pas les effluves pestilentiels de la judéophobie classique. Les reproches courants d'entraide exclusive des juifs entre eux, de rejet des non-juifs, les accusations de vice ou sournoiserie, les inepties sur la main-mise des juifs sur le monde seraient ridicules si elles n'avaient pour objectif la légitimation de la violence envers tout juif en tant que juif.

 

http://2.bp.blogspot.com/_QfG_shnDzlk/SXYU2sZb64I/AAAAAAAAAkY/MudvBgr79Ts/s400/Manif+en+Tunisie.jpgBien sûr, l'assistanat injustifié (pourquoi les ''palestiniens'' reçoivent-ils autant de dons de la communauté internationale, et pas les tchadiens, les srilankais, les coptes, les tibétains, les congolais, les cambodgiens... ?), les milices, l'armement contraire aux décisions internationales, l'usage frauduleux de fonds alloués par le contribuable européen, le programme d'annexion d'un autre pays reconnu internationalement ne constituent pas aux yeux des anti-sionistes des sujets d'interogation. L'imaginaire judéophobe s'est inventé un nouveau moyen de déverser sa haine antijuive : le mythe du ''palestinien victime''. C'est non seulement méprisable si l'on compare le peu d'empressement de ces mêmes faiseurs de remontrance pour les millions de victimes qui attendent dans le monde entier un même dévouement. Ce dévoiement de conscience est funeste, il conduit à se faire complice de crimes de guerre et de négation de crimes contre l'humanité.
À revendiquer un statut spécifique de victime, dédouané de toute exigence moral, les idéologues de l'antisionisme en oublie de compter. Chaque année, plus de quatre millions d'enfants meurent de malnutrition. Chaque jour, ce sont 11 000 enfants qui meurent de la faim, un toutes les cinq secondes. Il suffit de 3 euros par an pour sauver un enfant de la malnutrition (chiffre Action contre la faim). Avec 12 millions d'euros, pas besoin cinq milliards de dons que s'empressent de remettre en tant de crise les dirigeants occidentaux au hamas, tous ces enfants seraient cette année sauvés. Je dis bien seraient. Mais ils sont condamnés à mourir de faim, tant que la haine antijuive prime sur la lutte contre les véritables injustices de ce monde.

 

Article rédigé par Sacha pour le blog JSS

Publié dans Tribune Libre

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