Le Kremlin descend ses opposants en plein Moscou

Publié le par JSS

Stanislav Markelov, un avocat de 34 ans, et une journaliste de 25 ans qui l'accompagnait, ont tous deux été assassinés par balles ce lundi à Moscou. Markelov était réputé pour son combat contre les abus de l'armée russe. Il avait notamment travaillé avec Anna Politkovskaïa. En 2003, il avait obtenu l'emprisonnement d'un ancien militaire, coupable de meurtre. Celui-ci a été libéré jeudi dernier.
Nouveau jour de deuil pour les droits de l'Homme en Russie. Alors qu'il venait de donner une conférence de presse, Stanislav Markelov, un jeune avocat réputé pour ses combats contre les abus de l'armée russe, en Tchétchénie notamment, a été assassiné ce lundi en pleine rue, à Moscou. La journaliste qui l'accompagnait, Anastasia Baburova, a elle aussi été mortellement touchée. Transportée à l'hôpital, elle a succombé à ses blessures quelques heures après la fusillade. "Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour la sortir du coma, mais ses blessures étaient trop graves pour qu'elle puisse survivre", a indiqué le corps médical, cité par l'agence de presse russe Interfax. Agée de 25 ans, la jeune femme collaborait avec le journal Novaïa Gazeta. Comme une certaine Anna Politkovskaïa, symbole de la lutte contre les dérives autoritaires du pouvoir poutinien, assassinée devant chez elle, le 7 octobre 2006...
Stanislav Markelov, 34 ans, avait lui bien connu Anna Politkovskaïa. Par le passé, l'avocat avait assisté la journaliste dans son combat contre les atteintes aux droits de l'Homme perpétrées en Tchétchénie par les autorités russes locales. Ce lundi, son activisme judiciaire lui a sans doute coûté la vie. "Je ne doute pas que Me Markelov a été tué en raison de ses activités professionnelles", a d'ailleurs indiqué Vissa Koungaïev à l'agence de presse russe RIA Novosti. Cet homme, réfugié avec les siens en Norvège par crainte de représailles, est le père d'une jeune Tchétchène, Elza Koungaïeva, qui fut séquestrée et assassinée en 2000 par un ancien colonel de l'armée russe, Iouri Boudanov.
Aux commandes de ce dossier, Stanislav Markelov était parvenu à traîner le tortionnaire devant les tribunaux. En 2003, la justice avait condamné l'ancien militaire à dix ans de prison. Boudanov a recouvré la liberté le 15 janvier dernier. "Quatre jours après sa liberté, notre avocat est assassiné", accuse aujourd'hui Vissa Koungaïev, expliquant avoir réclamé une protection policière pour l'homme de loi, lequel envisageait de former un recours contre cette remise en liberté. "Je pense que les hommes de Bodanov sont impliqués", avance encore Koungaïev, alors que le ou les tueurs de l'avocat et de la jeune journaliste ont réussi à prendre la fuite sans pouvoir être identifiés.
Peut-être seront-ils rapidement retrouvés. La Chambre civile (organe consultatif représentant les intérêts de la société civile russe) s'est en tout cas déclarée prête à suivre de près le travail de la police dans cette affaire, a indiqué l'un de ses membres. "J'ai déjà chargé la commission que je préside de superviser l'affaire afin de maintenir des contacts étroits avec les forces de l'ordre et de suivre le déroulement de l'enquête. Les premières heures de l'instruction ont une importance cruciale", a déclaré à la presse Anatoli Koutcherena. Selon Interfax, les caméras de surveillance placées sur la rue de Pretchistenka, grande artère du centre-ville de la capitale russe où s'est déroulé le drame, pourraient accélérer les recherches.
A condition que celles-ci ne soient pas entravées. Classée à la 141e place de la hiérarchie mondiale en matière de liberté de la presse par Reporters sans frontières (RSF), la Russie, et son pouvoir en place, est régulièrement accusée de piétiner les droits de l'Homme. De quoi susciter les inquiétudes, légitimes, des défenseurs de la dignité humaine. Lundi soir, Amnesty international a déjà mis la pression sur les autorités russes. Celles-ci "doivent effectuer des démarches résolues pour montrer que de tels crimes ne resteront pas impunis", a indiqué l'ONG, par la voix de sa directrice du programme Europe et Asie centrale, Nicola Duckworth. Qui ajoute: "Stanislav Markelov est devenu une nouvelle victime. Il n'est pas à exclure qu'il ait été assassiné pour (...) son combat courageux en faveur de la défense des droits de l'Homme." Douloureuse Russie, écrivait Anna Politkovskaïa...
-Jdd-

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P@lp@tine 22/01/2009 03:41

Tiens donc !
Le coupable c'est " Le Kremlin " ! Je suppose que vous avez le " smoking gun " entre vos mains avec les empreintes de MM Medvedev ou Poutine pour écrire une telle phrase ?
Dans ce cas allez vite le porter à la Commission Européenne ou à Rédiou fri Iuorope !