Pourquoi et comment combattre les terroristes du Hamas ?

Publié le par JSS

Les déclarations des responsables israéliens se multiplient sur l'action à mener contre le Hamas, qui dirige la bande de Gaza et tire désormais tous les jours des roquettes et des obus de mortier sur l'Etat hébreu. Le quotidien israélien Ha'Aretz explique la stratégie militaire du Hamas.
Environ 15 000 Palestiniens armés. Voilà les effectifs de l'adversaire militaire que devra affronter l'armée israélienne en cas d'intervention dans la bande de Gaza. Ces militants, issus de diverses factions du Hamas, seront probablement renforcés par quelques milliers de militants issus d'autres groupes palestiniens. Depuis deux ans, avec l'aide de l'Iran, le Hamas travaille d'arrache-pied à développer sa puissance militaire, sur le modèle du Hezbollah libanais. Néanmoins, d'après des experts militaires israéliens et occidentaux, l'armée israélienne a les moyens de reprendre le contrôle de Gaza. Si Israël rechigne à lancer une offensive militaire de grande ampleur, c'est parce qu'il pense à l'après, à ce qui se passera une fois que l'armée contrôlera une zone dont elle ne veut pas et où elle sera confrontée tous les jours à l'hostilité des terroristes et de la population civile.
Ordre de bataille
Le Hamas est en pleine transition. Ce groupe terroriste est en train de devenir une organisation paramilitaire spécialisée dans la guérilla. Cette transition se concrétise par l'amélioration de la chaîne de commandement, l'acquisition d'armes plus sophistiquées et la création d'un programme d'entraînement. Le point fort de l'armée du Hamas est sa branche militaire, les brigades Ezzedine Al-Qassam, considérées par le Hamas comme son unité la mieux entraînée et la plus disciplinée. Cette unité comprend 1 000 hommes, répartis en sections, brigades et compagnies.
Entraînement
Selon des sources palestiniennes, les hommes des brigades Ezzedine Al-Qassam sont soumis à un entraînement militaire intensif et suivent également une formation idéologique dans des mosquées. Les forces du Hamas effectuent six mois d'un entraînement de base qui comprend des exercices de simulation où ils apprennent à lancer des roquettes, des missiles antichars et des obus de mortier. Certains des instructeurs ont eux-mêmes été entraînés en Iran et au Liban.
Les autres factions
Le Hamas et des organisations plus petites, notamment le Djihad islamique, devraient coopérer en cas d'intervention de l'armée israélienne. Deux factions du Comité de résistance populaire sont également très proches du Hamas et devraient passer sous son commandement en cas de guerre contre Israël. En revanche, trois groupuscules militaires proches du djihad mondial (c'est-à-dire d'Al-Qaida et sa nébuleuse) refuseront de se soumettre à l'autorité du Hamas et continueront à mener des actions indépendantes.
Tirs de roquettes
Les tirs de mortier et de roquettes ont au départ été conçus afin de passer outre la barrière de la frontière, qui empêchaient les militants d'entrer en Israël pour commettre des attentats. Le chef du service de sécurité intérieure, le Shin Bet, a déclaré au gouvernement cette semaine que le Hamas disposait déjà de roquettes d'un rayon d'action de 40 kilomètres et était donc capables d'atteindre Ashdod et les alentours de Be'er Sheva. Le Hamas a fait également des progrès considérables dans la fabrication artisanale de missiles. Par conséquent, pour la première fois, il peut assurer son approvisionnement en missiles pendant des mois. Selon les analystes, le mouvement islamiste dispose actuellement de 1 000 missiles. Le Djihad islamique a sa propre production de missiles et ses propres sites de stockage. Selon des sources à Gaza, l'"industrie militaire" du Hamas travaille nuit et jour à la fabrication de missiles et l'organisation peut facilement tirer 80 roquettes par jour.
Défense
La stratégie de défense du Hamas passe par un gigantesque réseau de bunkers, de tunnels et de pièges. Les Palestiniens ont prouvé leurs capacités en matière d'explosifs, puisqu'ils ont détruit trois chars israéliens et deux véhicules de transport de troupes blindés avec des explosifs sophistiqués. Les missiles antichars sont une composante importante de la stratégie de défense du Hamas, qui a bien intégré les leçons du Hezbollah lors de la guerre de l'été 2006 au Liban. Le Hamas a fait l'acquisition de missiles antichars venus des pays d'Europe de l'Est, même si on ignore de quel modèle il s'agit et quel est leur rayon d'action. En cas de confrontation, les militants du Hamas devraient utiliser leurs missiles antichars contre les hélicoptères de l'armée israélienne afin de retarder et de bloquer son entrée dans Gaza.
Stratégie offensive
L'arme principale du Hamas est sa capacité de lancer des dizaines de roquettes chaque jour sur Israël. En cas d'escalade de la violence, on peut s'attendre à ce que le Hamas essaye de prouver qu'il peut atteindre des cibles éloignées, comme Be'er Sheva. Quant à Ashkelon, elle risque d'essuyer de nombreux tirs de roquettes. En outre, le Hamas pourrait prendre pour cible un kibboutz ou un moshav situé à proximité de la frontière, afin de contraindre à l'exil un grand nombre d'habitants et d'affaiblir le moral d'Israël. Israël doit également se préparer à des surprises de la part du Hamas, à la Hezbollah, que ce soit de nouveaux tunnels visant à faciliter les enlèvements ou des attentats sur des
bateaux et des avions, ou même des attaques contre des cibles stratégiques dans le sud d'Israël.
Hamos Harel et Avi Issacharoff

Ha'Aretz

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Aurélien Royer 28/12/2008 11:52

Il y a un point important, ici, que j'ai déjà souligné et que je remets en valeur: "c'est parce qu'il pense à l'après, à ce qui se passera une fois que l'armée contrôlera une zone dont elle ne veut pas et où elle sera confrontée tous les jours à l'hostilité des terroristes et de la population civile". En se mettant les Palestiniens de Gaza à dos par des frappes meurtières, malgré le fait qu'elles soient ciblées, Israël se prive d'une opportunité de sécuriser son territoire. C'est par la paix que le pays vivra en sécurité, et non en se disant prêt à riposter à toute attaque. Une action politique, de LONG terme, doit maintenant être menée: et c'est en entamant rapidement un processus de paix qu'on pourra espérer freiner le Hamas avant qu'il ne devienne aussi puissant que le Hezbollah. N'attendons pas qu'il y parvienne !!

Car cet article rajoute au sentiment d'inquiétude qui m'habite depuis quelques jours. Si le Hamas se renforce autant et dispose de cette énorme capacité de frappe, comment espérer trouver une solution durable si nous le laissons poursuivre sur cette voie, alors que nous ne l'en avons pas dissuadé jusqu'à aujourd'hui? Cet article est très intéressant... mais hyper angoissant !