La débandade du Likoud satisfait Kadima

Publié le par JSS

L'ancien député de droite Michaël Ratzon compte attaquer le Likoud en justice contre la décision du parti de le reléguer de la 24e à la 37e place dans la liste de candidats à la prochaine Knesset.

En effet, la cour interne du Likoud a décidé jeudi soir de rejeter l'appel de plusieurs candidats rétrogradés, comme Ratzon, Ehoud Yatom (29e à la 38e place) et l'activiste d'extrême droite Moshé Feiglin (20e à la 36e place).

Trois jours après les élections internes, le Likoud a décidé d'annuler les places réservées aux femmes, celles-ci étant déjà représentées dans les 20 premières places de la liste. Cette décision a eu l'effet de rétrograder les quelques candidats qui comptent aujourd'hui attaquer le parti en justice.

De son côté, Feiglin a décidé de ne pas porter plainte mais a assuré reprendre sa 20e place si l'appel de Ratzon était fructueux. Le candidat d'origine éthiopienne Aleli Admasu a pour sa part été évincé de la 30e place réservée à un immigrant, sous prétexte qu'il avait fait son aliya en 1983, deux ans avant qu'il puisse encore être considéré comme un nouvel immigrant. Sa place a été donnée à l'homme d'affaires d'origine russe Vladimir Shklar, qui a reçu 2 000 votes de moins que lui. Des partisans éthiopiens d'Admasu prévoient une manifestation devant les bureaux du Likoud à Tel-Aviv cette semaine pour s'opposer à cette décision.

Le dernier sondage, celui du quotidien Ma’ariv publié vendredi montre que le Likoud est en perte de vitesse... Au plus grand bonheur du parti centriste... Et ce, malgré le désamour naissant entre Livni et le peuple d'Israel. Kadima, en effet, a comblé son retard sur le Likoud, en progressant de deux points tandis que son principal adversaire, lui, reculait d’un cran. Les voici au coude à coude, avec 30 mandats chacun. Les autres formations sont loin, très loin derrière : 12 députés pour le parti travailliste et Israël Beitenou, 10 partis arabes, 9 Shass, 7 Meretz, 5 PNR et Judaïsme de la Tora, les retraités et les verts sont bottés en touche.

Première constatation, les partis à caractère sectoriel – orthodoxie religieuse, religieux nationalistes, écologie, retraités – sont soit en perte de vitesse, soit éliminés.

Deuxième constatation, le parti travailliste et Israël Beitenou s’incrustent à la 3ème place, mais sont largués, ne pouvant prétendre qu’à un rôle d’appoint.

Troisième constatation, enfin, la marge de manœuvre des leaders du Likoud et Kadima est très limitée : le bloc de droite totalise 61 mandats (Likoud, Israël Beitenou, Shass, PNR et Judaïsme de la Tora) tandis que celui du centre-gauche, gauche plafonne à 49 élus (Kadima, Travailliste et Meretz) mais peut bénéficier d’un soutien extérieur des 10 voix arabes, soit rassembler 59 âmes, si âme il y a en politique.

Mais, rien n’est joué. Nous en sommes encore aux frémissements d’avant-course. Ainsi, par exemple, le nouveau parti ” la maison juive” formé des différents courants du monde religieux sioniste, hostile à toute cession de territoires, est secoué par des dissensions internes, qui conduisent tout droit à l’éclatement. Il n’est pas évident que les deux ou trois groupuscules qui émergeront de cette démarche chaotique soient tous représentés dans le prochain hémicycle. Et comme si cela n’était pas suffisant, un autre souci se prépare pour le bloc Netanyahou : l’orthodoxie ashkénaze se divise.

Aggoudat Israël (le monde de la Hassidout) et le Drapeau de la Tora (le courant lithuanien) présenteront des listes séparées. Là aussi, un crêpage de chignons en public risque de se traduire par la perte d’un ou deux mandats.

Une question intéressante pour terminer : La progression de Kadima est-elle liée au fait que ce parti est le seul à présenter 4 femmes dans les 10 premiers candidats de sa liste, cristallisant ainsi davantage de voix féminines que les autres formations?

Commenter cet article

Eric Norberg 23/12/2008 14:53

J'ai le sentiment que le résultat de ces élections sera une catastrophe pour l'image d'Israel... Si les résultats sont vraiment 50/50 (ou plutôt 61sièges contre 59), ce gouvernement ne tiendra pas un an. Avec des menaces de quitter le gouvernement à tout moment de la part des petits partis s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Il faut que les israéliens choisissent. Il faudrait peut-être meme préparer une réforme de la constitution avec, dans un pareil cas, un second tour et l'élimination de la course des partis n'ayant qu'un, deux ou trois sièges.