Le discours d'Obama en VF

Publié le par JSS

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Voilà la traduction francaise du discours d'Obama à la tribune de l'AIPAC en juin 2008. C'est long, mais intéressant...

"Merci infiniment. C'est merveilleux de voir tant de bons amis de tout le pays. Je souhaite féliciter Howard Friedman David Victor et Howard Kohr pour une conférence exceptionnelle et pour l'achèvement de nouveaux quartiers généraux juste à quelques pâtés de maison. Je remercie mon grand ami, Lee Rosenberg qui a travaillé sans relâche pour la relation israélo-américaine.

J'insiste à remercier notre extraordinaire porte parole de la Maison, Nancy Pelosi, qui s'est exprimée juste avant moi et dire à quel point ses paroles étaient importantes et en particulier en nous rappelant les trois soldats qui sont toujours prisonniers du Hezbollah. Nous ne les oublierons pas et nous les ramènerons chez eux. C'est une priorité de la politique américaine et de la politique israélienne.

Je dois également souligner que nous avons passé une soirée mémorable la nuit dernière et quoique mon équipe paraisse encore un peu endormie, nous avons quelques partisans qui sont assis parmi nous et nous leur en sommes très reconnaissants. Je souhaite également confirmer qu'après mon discours, vous aurez le grand plaisir d'entendre une candidate extraordinaire au service du public et je souhaite publiquement remercier Hillary Clinton pour la course exceptionnelle qu'elle a couru. C'est une véritable amie d'Israël ; une grande sénatrice de New York ; un merveilleux leader du parti démocrate et une personnalité ayant fait l'histoire à mes côtés ces 16 derniers mois ; Je suis alors très fier d'avoir concouru contre elle.

Avant de commencer, je souhaite préciser que je sais que certains ont reçu des emails provocateurs qui ont circulé au sein des communautés juives à travers le pays. Ils sont remplis de fables et d'affreux avertissements concernant un certain candidat à la présidentielle et tout ce que je veux dire est le suivant : Avertissez-moi si jamais vous croisez ce type nommé Barak Obama parce qu'il semble assez effrayant. Mais si personne n'a été embarrassé par ces emails, je veux que vous sachiez qu'aujourd'hui je parlerais de tout coeur et en tant que véritable ami d'Israël.
Et je sais que lorsque je visite l'AIPAC, je suis parmi des amis – de bons amis, des amis qui partagent mon solide engagement pour garantir que le lien entre les Etats-Unis et Israël ne puisse être rompu ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais.

Une des nombreuses choses que j'admire chez AIPAC c'est que vous luttez pour cette cause commune du début à la fin. L'élément vital de l'AIPAC est ici, dans cette salle; les activistes populaires de tous groupes d’âges qui traversent ainsi tout le pays chaque année pour venir à Washington afin de faire entendre leurs voix – rien ne reflète mieux le visage de l'AIPAC que les 1200 étudiants qui ont voyagé jusqu'ici pour faire comprendre au monde que le lien qui unit Israël et les Etats-Unis est bien plus profond que notre intérêt national commun, il est enraciné dans les valeurs communes et les histoires communes de nos peuples. Et en tant que président, je travaillerai avec vous afin d'assurer que c'est bien ce lien qui se renforce.

Vous savez, la première fois que j'ai pris connaissance de l'histoire d'Israël, j'avais 11 ans. J'avais un guide de campement qui était Juif américain mais qui avait vécu en Israël pendant un certain temps et il me racontait des histoires sur son pays extraordinaire et j'ai pris connaissance du long voyage et de la détermination inébranlable du peuple juif pour préserver -- préserver son identité à travers la foi, la famille et la culture. D'une année à l'autre, d'un siècle à l'autre, les Juifs ont observé leurs traditions et leurs rêves d'une patrie malgré les obstacles. J'ai été tout à fait impressionné par l'histoire ; j'avais grandi sans avoir conscience des racines. Mon père était noir ; il était du Kenya, il est parti quand j'avais deux ans. Ma mère était blanche du Kansas, et j'ai déménagé avec elle en Indonésie, puis à Hawaï et à bien des égards, je ne savais pas d'où je venais, alors j'ai été enclin à croire qu'on pouvait préserver une identité émotionnelle, spirituelle et culturelle et je comprenais l'idée du sionisme - qu'il y a toujours une patrie au cœur de notre histoire. Et j'ai également – j'ai également découvert l'horreur de l'Holocauste et la terrible urgence que cela a impliqué pour le voyage vers la patrie d'Israël.

La majorité de mon enfance, j'ai vécu avec mes grands-parents et mon grand-père a fait le service militaire durant la Seconde Guerre Mondiale ainsi que mon grand oncle. C'était un garçon du Kansas qui n'avait probablement jamais envisagé de voir l'Europe, et certainement pas les horreurs qui l'attendaient là-bas. Des mois durant, après être revenu d'Allemagne, il est resté en état de choc, seul avec les douloureux souvenirs qui ne le quittaient pas. Vous savez, mon grand oncle faisait partie de la 89e division d'infanterie, les premiers Américains à atteindre un camp de concentration nazi. Ils ont libéré Ohrdruf, une partie de Buchenwald, un jour d'avril 1945. Les horreurs de ce camp dépassent notre entendement, des dizaines de milliers sont morts de faim, de maladie, torturés ou tout simplement assassinés ; une partie de la machine à tuer des nazis qui a exterminé 6 000 000 de personnes. Lorsque les Américains sont entrés, ils ont découvert d'immenses piles de corps et des survivants affamés. Le Général Eisenhower a prié les Allemands des villes environnantes de visiter le camp pour qu'ils puissent voir ce qui y était fait en leurs noms. Il a prié les troupes américaines de visiter le camp pour qu'ils puissent voir le diable contre lequel ils combattaient. Il a invité les membres du Congrès américain et les journalistes afin qu'ils témoignent et il a ordonné que des photos et des films soient faits.

Pour expliquer ses actions, Eisenhower a déclaré qu'il souhaitait apporter une preuve de première main de ces choses. Si jamais dans le futur se développait la tendance de qualifier ces allégations de simple propagande. J'ai vu certaines de ces images précises à Yad Vashem et elles ne vous quittent plus jamais et ces images ne font que suggérer les histoires que les survivants de la Shoah portent en eux. Comme Eisenhower, chacun de nous témoigne devant quelqu'un et devant tous ceux qui nient des crimes indescriptibles ou qui parlent même de les répéter. Nous devons croire ce que nous disons lorsque nous prononçons les mots "plus jamais".

Ce n'est que quelques années après la libération des camps que David Ben Gurion a déclaré la création de l'Etat juif d'Israël. Nous savons que la création d'Israël était juste et nécessaire, enracinée dans des siècles de combats et des décennies de travail laborieux, mais 60 ans après nous savons que nous ne pouvons pas nous laisser fléchir, abandonner, et en tant que président, jamais je ne transigerai lorsqu'il s'agit de la sécurité d'Israël.
Pas tant qu'il existe encore des voix qui nient l'Holocauste, pas tant qu'il y a des groupes terroristes et des leaders politiques voués à la destruction d'Israël , pas tant qu'il y a des cartes au Moyen Orient qui ne reconnaissent même pas l'existence d'Israël et que les manuels scolaires financés par le gouvernement sont remplis de haine à l'égard des Juifs ; pas tant qu'une pluie de roquettes continue à s'abattre sur Sdérot et que les enfants israéliens doivent retenir leur souffle et faire preuve d'un courage peu commun chaque fois qu'ils montent dans un bus ou marchent pour aller à l'école. Je comprends depuis longtemps la quête de la paix d'Israël et le besoin de sécurité mais jamais autant que durant les voyages auxquels Lee faisait référence, il y a deux ans lorsque je suis allé en Israël. Du haut d'un hélicoptère des Forces de Défense d'Israël, j'ai vu une magnifique bande de terre étroite blottie contre la Méditerranée. A terre, j'ai rencontré une famille qui avait vu sa maison détruite par un missile de katioucha et j'ai parlé aux troupes israéliennes qui faisaient face à des menaces quotidiennes alors qu'ils maintenaient la sécurité près de la Ligne Bleue. J'ai parlé à d'autres personnes qui ne voulaient rien de plus simple ou de plus illusoire qu'un futur stable pour leurs enfants.

J'ai été fier de faire partie d'un consensus bipartisan puissant qui s'est tenu aux côtés d'Israël face à toutes les menaces. C'est un engagement – c'est un engagement que John McCain et moi-même partageons parce que le soutien à Israël dans ce pays va au-delà des partis. Mais une part de notre engagement, une part de notre engagement est de prendre la parole lorsque la sécurité d'Israël est en danger et je ne pense pas qu'un de nous puisse se satisfaire que la récente politique étrangère des Etats-Unis ait mis Israël plus à l'abri. Aujourd'hui, le Hamas contrôle Gaza ; le Hezbollah a resserré son étreinte au Sud Liban et fléchit ses muscles à Beyrouth. A cause de la guerre en Irak, l'Iran, qui a toujours représenté une plus forte menace sur Israël que l'Irak, est renforcé et représente le défi stratégique le plus important pour les Etats-Unis et Israël au Moyen Orient dans une génération. L'Irak est instable et Al Qaida a intensifié son recrutement. La quête de la paix d'Israël avec ses voisins s'est interrompue, malgré les lourds fardeaux portés par le peuple israélien, et les Etats-Unis sont plus isolés dans la région réduisant notre force et mettant en danger la sécurité d'Israël.

La question est – comment aller de l'avant ? Il y a ceux qui continueraient et intensifieraient ce status quo affaibli ignorant les huit années de preuves accumulées qui démontrent que notre politique extérieure est dangereusement défectueuse. Puis, il y a ceux qui déposeraient tous les problèmes du Moyen Orient au pas de la porte d'Israël et ses partisans comme si le conflit israélo-palestinien était la racine de tous les maux de la région. Ces voix condamnent la seule démocratie au Moyen Orient pour l'extrémisme de la région. Ils offrent la fausse promesse qu'abandonner un allié fidèle est en quelque sorte le chemin vers la force. Ça ne l'est pas ; ça ne l'a jamais été et ça ne le sera jamais.

Notre alliance est fondée sur des intérêts communs et des valeurs communes. Ceux qui menacent Israël nous menacent ; Israël a toujours affronté ces menaces sur les premières lignes et j'apporterai à la Maison Blanche un engagement inébranlable concernant la sécurité d'Israël. Cela commence en assurant à Israël l'avantage militaire qualitatif. Je ferai en sorte qu'Israël puisse se défendre contre toute menace venant de Gaza ou Téhéran. La coopération en matière de défense, la coopération en matière de défense entre les Etats-Unis et Israël est un modèle de réussite et il doit être approfondi. En tant que président, j'appliquerai un protocole d'entente qui apportera 30 milliards de dollars d'aide à Israël sur la prochaine décennie, un investissement pour la sécurité d'Israël qui ne sera lié à aucune autre nation.

Tout d'abord, nous devons approuver la demande d'aide extérieure 2009 et je comprends que le porte-parole Pelosi et le sénateur Reid sont prêts à s'engager sur ce point. En allant de l'avant, nous pouvons renforcer notre coopération sur la défense anti-missile ; nous devons exporter du matériel militaire à notre allié Israël selon les mêmes directives que l'OTAN et je défendrais toujours, que ce soit aux Etats-Unis ou à travers le monde, le droit d'Israël à se défendre.
A travers le spectre politique, les israéliens comprennent que la réelle sécurité ne peut venir que par une paix durable et c'est pourquoi nous, en tant qu'amis d'Israël, devons décider de faire tout ce que nous pouvons pour aider Israël et ses voisins à y parvenir parce qu'une paix durable et sécurisée est dans l'intérêt à long-terme d'Israël. C'est dans l'intérêt national des Etats-Unis et dans l'intérêt du peuple palestinien et du monde arabe.

En tant que président, je travaillerai pour aider Israël à atteindre l'objectif de deux états – un état juif d'Israël et un état palestinien vivant côte à côte en paix et dans la sécurité et je n'attendrai pas – je n'attendrai pas les derniers jours de ma présidence. Je prendrai une part active et m'engagerai personnellement à faire tout mon possible pour faire avancer la cause de la paix dès le début de mon administration.

Aujourd'hui, le long voyage vers la paix nécessite des partenaires palestiniens qui s'engagent à faire ce voyage. Nous devons isoler le Hamas à moins que et jusqu'à ce qu'il renonce au terrorisme et reconnaisse le droit à l'existence d'Israël et se soumette aux accords passés. Il n'y pas de place à la table de négociation pour les organisations terroristes. C'est pourquoi j'étais opposé aux élections 2006 avec le Hamas au scrutin. Les Israéliens et l'Autorité palestinienne nous ont prévenus à cette époque contre la tenue de ces élections mais cette administration a continué cette action et le résultat est un Gaza contrôlé par le Hamas et des missiles qui pleuvent sur Israël. Le peuple palestinien doit comprendre que le progrès ne viendra pas par les avantages trompeurs de l'extrémisme ou l'usage corrompu de l'aide extérieure. Les Etats-Unis et la communauté internationale doivent être aux côtés des Palestiniens qui sont engagés à punir la terreur et à porter le fardeau de la paix. Je recommanderai fermement aux gouvernements arabes de prendre des mesures afin de normaliser les relations avec Israël et apporter un réel soutien au président Abbas et au Premier ministre Fayyad.

L'Egypte doit cesser la contrebande d'armes dans Gaza. Et Israël peut également promouvoir la cause de la paix en prenant les mesures adéquates compatibles avec sa sécurité afin de faciliter la liberté de mouvement des Palestiniens et améliorer les conditions économiques en Cisjordanie et s'abstenir de construire de nouvelles colonies, tel qu'il a été convenu de faire avec l'administration Bush à Annapolis. Maintenant, laissez-moi être clair ; la sécurité d'Israël est sacrosainte. Elle n'est pas négociable ; les Palestiniens ont besoin d'un Etat qui est adjacent et cohésif et qui leur permet de prospérer, mais tout accord avec le peuple palestinien qui doit préserver l'identité d'Israël en tant qu'Etat juif avec des frontières sécurisées, reconnues et défendables. Jérusalem restera la capitale d'Israël et elle doit rester indivisée.

Je ne vis pas dans l'illusion que tout ceci sera facile. Il faudra prendre des décisions difficiles des deux côtés mais Israël est suffisamment fort pour parvenir à la paix s'il a des partenaires qui s'engagent à cet objectif. La majorité des Israéliens et des Palestiniens souhaite la paix et nous devons consolider leur main. Les Etats-Unis doivent être un partenaire solide et conséquent dans ce processus – ne pas forcer les concessions mais aider des partenaires engagés à éviter l'impasse et les types d'espaces vides qui sont remplis par la violence. Et c'est ce que je m'engage à faire en tant que président des Etats-Unis.
Les menaces – les menaces sur Israël viennent de chez lui mais elles ne se terminent pas là. La Syrie continue son soutien à la terreur et l'ingérence au Liban et la Syrie a pris des mesures dangereuses en poursuivant les armes de destruction massive, ce qui explique pourquoi l'action d'Israël de mettre fin à cette menace était totalement justifiée. Je crois également que les Etats-Unis ont la responsabilité de soutenir l'effort d'Israël pour renouveler les pourparlers de paix avec les Syriens. Nous ne devons jamais imposer à Israël la table de négociation. Mais nous ne – nous ne devons jamais non plus entraver les négociations lorsque les leaders israéliens décident qu'elles puissent servir aux intérêts d'Israël ; en tant que président, je ferai tout mon possible pour aider Israël à réussir dans ces négociations et la réussite nécessite l'entière application de le Résolution du Conseil de Sécurité 1701 au Liban et que la Syrie arrête de soutenir la terreur. Il est temps que cesse ce comportement irréfléchi.
Aujourd'hui, il n'y a pas de pire menace sur Israël, la paix et la stabilité de la région que l'Iran. Ce public est formé de républicains et de démocrates et les ennemis d'Israël ne devraient avoir aucun doute que quelque soit le parti, les Américains se tiennent côte à côte quant à notre engagement vis-à-vis de la sécurité d'Israël, bien que je ne désire pas, ici et aujourd'hui, conclure par une note bipartisane, je souhaite cependant aborder quelques descriptions erronées intentionnelles de ma part. Le régime iranien soutient des extrémistes violents et nous défie dans toute la région. Il poursuit une capacité nucléaire qui pourrait provoquer une dangereuse course à l'armement et soulever l'éventualité d'un transfert de savoir-faire nucléaire aux terroristes. Son président nie l'Holocauste et menace de rayer Israël de la carte. Le danger iranien est grave ; il est réel ; et mon objectif sera de supprimer cette menace. Mais, comme nous sommes tout à fait conscients de la menace, nous devons être tout aussi lucides sur l'échec de la politique actuelle.

Nous savions en 2002, que l'Iran soutenait le terrorisme, nous savions que l'Iran avait un programme nucléaire illicite, nous savions que l'Iran représentait une grave menace pour Israël ; mais au lieu de poursuivre une stratégie pour appréhender cette menace, nous l'avons ignorée et à la place nous avons envahi et occupé l'Irak. Lorsque je me suis opposé à la guerre, j'ai prévenu que cela attiserait les flammes de l'extrémisme au Moyen Orient ; c'est ce qui s'est précisément passé en Iran. Les intransigeants ont resserré leur étreinte et Mahmoud Ahmadinejad a été élu président en 2005. Et les Etats-Unis, aussi bien qu'Israël, sont moins à l'abri. Je respecte le sénateur McCain et je suis impatient d'avoir un débat indépendant avec lui dans les cinq prochains mois mais sur ce point nous avons un avis différent et nous aurons toujours un avis différent. Le sénateur McCain refuse de comprendre ou de reconnaitre l'échec de la politique qu'il continuera d'appliquer. Il critique ma volonté d'utiliser une diplomatie ferme mais il n'offre qu'une alternative – la réalité, dans laquelle la guerre en Irak a en quelque sorte mis l'Iran sur un piédestal.

La vérité est tout à fait opposée. L'Iran a renforcé sa position ; l'Iran enrichit maintenant de l'uranium et il a, selon la rumeur, accumulé 150 kilos d'uranium faiblement enrichi. Son soutien au terrorisme et les menaces sur Israël ont augmenté ; ce sont les faits et on ne peut les nier et je refuse de continuer une politique qui a mis les Etats-Unis et Israël moins à l'abri.
Bon, le sénateur McCain et d'autres proposent un choix trompeur – garder la direction en Irak ou céder la région à l'Iran. Je rejette cette logique parce qu'il y a un meilleur moyen. Laisser toutes nos troupes indéfiniment immobilisées en Irak n'est pas le moyen d'affaiblir l'Iran ; c'est précisément ce qui l'a renforcé. C'est une politique pour rester ; et non une politique pour vaincre. J'ai proposé un déploiement sérieux et progressif de nos troupes en Irak. Nous en sortirons aussi prudemment que nous avons négligents à y entrer ; enfin, nous ferons pression sur les leaders iraquiens pour qu'ils prennent significativement en charge leur propre avenir. Nous utiliserons également tous les aspects de la puissance américaine pour exercer une pression sur l'Iran.

Je ferai tout en mon pouvoir pour empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire – je ferai tout.
Cela commence par une diplomatie ferme, agressive et à principes sans conditions préalables d'auto-défaite mais avec une compréhension limpide de nos intérêts. Nous n'avons pas de temps à perdre. Nous ne pouvons pas supprimer inconditionnellement une démarche qui pourrait empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire. Nous avons essayé des négociations fragmentées limitées tout en sous-traitant le travail soutenu à nos alliés européens. Cela n'a pas marché ; il est temps pour les Etats-Unis de partir. Et il y aura une préparation – il y aura une préparation méticuleuse. Nous ouvrirons nos lignes de communication, établirons un ordre du jour, coordonnerons étroitement avec nos alliés, particulièrement Israël, et évaluerons le progrès possible. Et contrairement aux revendications de certains, je n'ai aucun intérêt à m'asseoir avec notre adversaire juste pour parler. Mais, en tant que président des Etats-Unis, je serais disposé à mener une diplomatie ferme et à principes avec les leaders iraniens adéquats au moment et au lieu de mon choix si – et seulement si cela peut faire avancer les intérêts des Etats-Unis. C'est ma position. Je veux que cela soit absolument clair.

 Ce n'est que dernièrement que certains en sont venus à penser que la diplomatie par définition ne peut pas être ferme. Ils oublient l'exemple de Truman, Kennedy et Reagan. Ces présidents ont compris que la diplomatie soutenue par un véritable levier était un outil essentiel à la qualité d'homme politique. Et il est temps que la diplomatie américaine soit de nouveau un outil de réussite. Nous continuerons cette diplomatie sans illusions sur le régime iranien. A la place, nous présenterons un choix clair. Si vous abandonnez votre dangereux programme nucléaire, votre soutien à la terreur, et vos menaces à l'encontre d'Israël, il y aura des encouragements significatifs, y compris la levée des sanctions et l'intégration politique et économique au sein de la communauté internationale. Si vous refusez, nous augmenterons la pression. Ma présidence renforcera notre main tandis que nous rétablirons notre position. Notre volonté de poursuivre la diplomatie facilitera la mobilisation d'autres personnes pour adhérer à notre cause.

Si l'Iran échoue à changer de direction lorsque le choix lui a été présenté par les Etats-Unis, il sera clair au peuple iranien et au monde que le régime iranien est responsable de son propre isolement et cela confortera notre position avec la Russie et la Chine tout en insistant sur des sanctions plus graves auprès Conseil de Sécurité. Et nous devrions collaborer avec l'Europe, le Japon et les états du Golfe pour trouver toute voie d'accès en dehors des Nations Unies pour isoler le régime iranien, supprimer toute garantie d'emprunt et étendre les sanctions financières à l'interdiction d'exporter du pétrole raffiné en Iran, boycotter les sociétés associées aux Gardiens de la révolution islamique dont les forces Quds ont été classifiées, à juste titre, comme organisation terroriste.

J'ai été intéressé de voir le sénateur McCain proposer le désinvestissement comme une source de levier financier, pas le désinvestissement dogmatique qui aspire à punir les scientifiques et académiciens israéliens mais le désinvestissement ciblé sur le régime iranien. C'est un bon concept mais il n'est pas nouveau ; j'ai présenté une législation il y a plus d'un an qui encouragerait les états et le secteur privé à désinvestir dans les sociétés qui font des affaires avec l'Iran. Cette proposition de loi a un soutien bipartisan ; cette proposition de loi a un soutien bipartisan mais, pour des raisons que je lui laisserai expliquer, le sénateur McCain n'a jamais donné sa signature. Entre-temps, un sénateur anonyme a bloqué la proposition de loi. Il est temps de la transformer en loi pour que nous puissions resserrer l'étreinte sur le régime iranien. Nous continuerons également d'autres sanctions unilatérales qui ciblent les banques iraniennes et les actifs iraniens.

Et si nous souhaitons un réel levier financier sur l'Iran, nous devons nous libérer de la tyrannie du pétrole. Le prix – le prix d'un baril de pétrole est l'une des armes les plus dangereuses au monde. Les pétro dollars payés pour les armes qui ont tué des troupes américaines et des citoyens israéliens ainsi que la politique de l'administration Bush ont approché le prix du pétrole alors que sa politique en matière d'énergie nous a rendus plus dépendants du gaz et du pétrole étrangers. Il est temps que les Etats-Unis prennent de réelles mesures pour mettre fin à notre dépendance au pétrole et nous pouvons joindre Israël en nous basant sur l'US Israeli Energy Cooperation Act (Loi sur la coopération énergétique américano-israélienne) pour approfondir notre partenariat en développant des sources d'énergie alternatives.
Nous devrions collaborer avec Israël, en augmentant la collaboration scientifique et participer à la recherche et au développement. Le moyen le plus sûr d'augmenter notre levier financier à long-terme est de cesser de financer le régime iranien.
10:49:12 ( ?)
Enfin, qu'il n'y ait aucun doute, je garderai toujours la menace d'une action militaire sur la table pour défendre notre sécurité et notre allié, Israël. Ne vous y trompez pas. Parfois, il n'y a pas de choix à la confrontation mais cela ne fait que rendre la diplomatie plus importante. Si nous devions utiliser la force militaire, il est fort probable que nous vainquions et nous aurons de loin un meilleur soutien tant à la maison qu'à l'étranger si nous avons épuisé nos efforts diplomatiques. C'est – c'est le changement dont nous avons besoin dans notre politique extérieure, un changement qui rétablit la puissance et l'influence américaines ; un changement accompagné par l'obligation que je ferai connaître aux alliés et aux adversaires de la même manière – que les Etats-Unis entretiennent une amitié solide avec Israël et un engagement inébranlable pour sa sécurité.
En tant que membres de l'AIPAC, vous avez contribué à faire avancer ce consensus bipartisan afin de soutenir et défendre notre allié, Israël. Et je suis persuadé qu'aujourd'hui au Capitol Hill vous rencontrerez des membres du Congrès et répandrez la rumeur. Mais nous sommes ici pour plus qu'une politique ; nous sommes ici parce que les valeurs qui nous sont chères sont profondément ancrées dans l'histoire d'Israël. Il suffit de voir ce qu'Israël a accompli en 60 ans –- des décennies de lutte dans le terrible sillage de l'Holocauste, une nation a été contrainte de fournir une maison à tous les Juifs, du monde entier, de la Syrie à l'Ethiopie, l'Union Soviétique. Face à des menaces permanentes, Israël a triomphé. Face à tous les dangers, Israël a prospéré. Dans un état de constante insécurité, Israël a maintenu un discours vibrant et ouvert et un engagement flexible au régime de la loi.
Comme tout Israélien vous le dira, Israël n'est pas un endroit parfait mais comme les Etats-Unis il montre l'exemple pour tous dans sa quête d'un futur meilleur. Ces mêmes qualités se retrouvent chez les Juifs américains. C'est pourquoi tant de Juifs américains ont soutenu Israël tout en faisant progresser le magasin américain parce qu'il y a un engagement encastré dans la foi juive et la tradition de la liberté et de la justice, de la justice sociale et l'égalité des chances —Tikkun Olam, l'obligation de réparer ce monde.

Jamais je n'oublierai que je n'aurais pas été ici aujourd'hui si ça n'était pas pour l'engagement qui a été fait non seulement au sein de la communauté afro-américaine mais aussi dans la communauté juive américaine et les grands mouvements sociaux dans l'histoire de notre pays – les Juifs américains et les Afro-américains se sont serrés les coudes. Ils ont pris les bus ensemble vers le Sud ; ils ont marché ensemble ; ils ont saigné ensemble ; et les Juifs américains tels que Andrew Goodman, Michael Schwerner souhaitaient mourir à côté d'un homme noir, James Cheney au nom de la liberté et au nom de l'égalité. Leur legs est notre héritage ; nous ne devons pas permettre que la relation entre les Juifs et les Afro-américains en pâtisse. C'est un lien qui doit être renforcé ; ensemble nous nous dédions de nouveau à mettre fin aux préjugés et à combattre la haine sous toutes ses formes.

Ensemble, nous pouvons rassembler nos voix et en ce faisant, même le mur le plus puissant s'effondre. Ce travail doit inclure un engagement partagé à l'égard Israël. Vous et moi savons que nous devons faire plus que nous immobiliser. Maintenant, c'est le moment d'être vigilant en faisant face à tous nos ennemis tout en allant de l'avant à la recherche d'un futur paisible pour les enfants d'Israël et tous les enfants.

Aujourd'hui, c'est le moment d'être aux côtés d'Israël alors qu'il écrit le prochain chapitre de son voyage extraordinaire. Aujourd'hui, c'est le moment de nous rassembler pour réparer ce monde et je suis impatient de devenir un partenaire de l'AIPAC pour le réaliser. Merci à tous ; que dieu vous bénisse."

Publié dans USA

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aschkel 18/11/2008 07:51

Oui, oui trés beau discours, bien-sur, bien-sur.....!!!!

On Verra bien Monsieur Obama !!!!!