Rencontre avec un ingénieur atomiste israélien (1ère partie)

Publié le par JSS

Cette semaine, j'ai eu la chance de rencontrer un ingénieur atomiste israélien. Biensûr, je ne dévoilerais pas son nom mais je tiens quand même à décrire son parcours. De parents immigrés d'URSS, il est né en "Palestine" durant ce que l'on appelle, la seconde alya (début du XXème siècle). Cet homme est donc un pur sabra qui à été élevé à la dur, qui à grandit en temps de guerre mais qui à quand même toujours pris le temps d'ouvrir un livre et d'étudier.

Au fil des années, il est devenu ingénieur atomiste puis à intégré les bureaux de l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique). Son expertise sur l'Iran peut donc être prise au sérieux. Ainsi, voilà les conclusions que l'on peut tirer pour l'instant.

Avant toute chose, il parraissait important à cet ingénieur (appelons le Eyal), de rappeler que l'Iran à des armes chimiques dans son stock; La République Islamique à eu beau signer des traités de non-proliférations d'armes chimique, aucun pays ne souhaite faire la demande de vérification parce qu'au fond, tous les pays militarisés en ont. Ainsi, les Etats-Unis, les pays d'Europe ou d'Asie, même s'ils savent que de nouveaux virus sont continuellement développés en Iran, ne souhaitent pas mettre davantage de pression en allant fouiller de plus près.

Concernant le nucléaire, une chose est sûre, c'est que l'Iran avance à pas de géant. le problème dans cette histoire n'est pas forcément la Russie (qui, comme il me l'expliquera plus tard, ne souhaite pas forcément que l'Iran obtienne la bombe), mais la Corée Du Nord. Les ingénieurs coréens travaillent d'arrache pied en Iran pour aider les ayatollah à produire de l'uranium enrichi;

Mais d'ou viennent ces ambitions nucléaires ?
Tout à commencé sous l'époque du Shah (avant la révolution islamique de 1979). Le Shah, qui était alors un partenaire inconditionnel d'Israël et des Etats-Unis, avait décidé de construire 16 usines nucléaires pour l'énergie civile. A l'époque, le fuel pour faire fonctionner les machines était acheté à Eurodif, une compagnie francaise, spécialisé dans ce genre de contrat.

Mais avec l'arrivée de Kameiny au pouvoir, le programme nucléaire à été stoppé net. Plusieurs leaders spirituels ont même lancés des Fatwas concernant le nucléaire et ceux qui l'utilisait. C'est alors qu'éclate la guerre Iran-Irak pendant laquelle les deux parties ont perdus beaucoup de ressources. Répondant à un généreux appel d'offre, Moscou décidait de réinvestire la Perse et d'aider l'Iran à la réparation et à la finition du réacteur de Bouhcher. Tout se passa normalement et personne ne soupconnait l'Iran de vouloir construire une bombe.

Les premiers bruits en ce sens apparurent au milieu des années 90  mais personne n'a vraiment bougé avant 1998. Durant cette année, Agazadhé décida de réorganiser le projet nucléaire pour mieux le développer. Agazadhé est un peu la figure de prou du nucléaire iranien. Sans lui, rien ne serait comme aujourd'hui. En fait Agazadhé avait quatre ambitions en relancant ce programme :
1: Il voulait que la perception de l'Iran dans le monde soit plus forte. Par ailleurs, étant ulttra-paranoïaque, il voulait s'assurer que les Etats-Unis n'attaquerait pas l'Iran. Pour lui, la disuasion par l'arme nucléaire était la meilleure option.
2 : L'hégémonie régionale. Sous le Shah, l'Iran était le pouvoir central de la région mais la révolution islamique à fait chuter le pays dans des crises de toutes sortes. Il était temps pour l'Iran de redevenir un pouvoir régional d'importance. Il suffit d'ailleurs de regarder l'Arabie Saoudite d'aujourd'hui pour se rendre compte que tout est un jeu de pouvoir arabo-persant. Ce n'est pas pour rien que l'Arabie Saoudite commence à parler ouvertement d'ouverture avec Israël, de relation qui pourrait vite se normaliser. Dernière chose, l'Irak d'aujourd'hui aussi à peur de l'Iran. Ainsi, même si le peuple demande le retrait des forces américaines (une partie du peuple, pas tout le peuple), les gens ne sont pas rassurés d'avoir un Iran belliqueux aux portes du pays.
3 : Garder le régime en place. En montrant une pareille réussite à son peuple, le régime des ayatollah espère unir son peuple. Pour l'heure, on estime que 70% de la population désapprouve le gouvernement. Le taux de jeunes toxicos est en hausse. Celui du chômage est énorme. Les disparités entre les gens des villes et des campagnes sont énormes. Seule une vraie réussite scientifique pour unir ce peuple.
4 : Israël et les USA. Le "petit et le grand satan" sont avant tout des anciens partenaires du Shah, le plus vieille ennemi des ayatollahs. En construisant un projet mis en place par les Etats-Unis, l'Iran montre également le ridicule des USA puisque ce sont eux qui ont aidés à initier un tel programme (bien que purement civil à l'époque).

Aujourd'hui, pour que l'Iran achève sa bombe, il lui faut passer trois étapes :
- 1 : Avoir des tonnes de matériaux fissiles (uranium ou plutonium)
- 2 : Savoir travailler le plutonium pour l'enrichir (étape moyennement difficile)
- 3 : Savoir faire l'assemblage de  ces matériaux traités dans une bombe (étape très difficile).

Pour enrichir de l'Uranium à haute densité, l'Iran à mis en place des cascades de centrifugeuses. En fait, il faut une cascade de 3000 centrifugeuse pour pouvoir enreichir de l'uranium (3000 centrifugeuse, pendant un an pour une bombe) normalement et quand on sait qu'une seule centrifugeuse mesure 1m², on imagine aisément la taille des usines iraniennes cachés dans les montagnes (ou sous des écoles publiques comme l'affirment certains services de renseignements européens).

Autre chiffre intéressant, selon cet expert, l'Iran aurait dores et déjà en sa possession 1t d'uranium moyennement enrichi. Ils ne sont donc plus qu'à la moitié de leur pari (2t pour la bombe).

Sans revenir dans les détails des "négociations entre l'occident et l'Iran, voilà ce qu'il faut retenir :
- Aout 2002, des opposants au régime prouve grâce à des photos satellites (certainement donnés par la CIA), que l'Iran construit des usines nucléaires
- Novembre 2002 : Date à laquelle l'AIEA commencera à sortir un rapport tous les 3 mois sur l'Iran.
-1er semestre 2003 : l'UE3 (ou troïka européenne (France, UK et Allemagne), négocie avec l'Iran. Après de longues négociations, ils obtiennent un accord pour cesser l'enreichissement. Tout le monde en Europe se réjouit et personne n'a conscience que dans l'accord, l'Iran à fait ajouter la phrase "La République Islamique d'Iran cesse VOLONTAIREMENT son programme...". Pour les spécialistes de la culture iranienne, il était clair que l'Iran se préparait à reprendre son enreichissement. Ce sera chose faite deux mois après la signature de l'accord.

Le plus problématique dans ce petit jeu est Mohamed El Baradeï, le président de l'AIEA. D'origine égyptienne, il apparaît clairement depuis deux ans maintenant, qu'il à toujours chercher à cacher la nature du programme Iranien. En lisant ses rapports on s'appercoit qu'il n'écrit plus sur la nature du programme mais sur le soutien qu'il faut apporter aux ayatollah. Les experts du monde entiers ont étés choqués par ses méthodes et ces dans ces conditions qu'un expert finlandais à été placé aux côtés d'El Baradeï pour les derniers rapports. L'egyptien à d'ailleurs déjà annoncé qu'il ne se représenterait pas au prochain conseil d'administration.

Information essentielle dans ce brouhaha de petites perles.... Le dernier rapport de l'AIEA parle désormais de la mise en place de l'uranium dans des missiles. Ce qui laisse à penser que l'Iran n'est vraiment plus loin d'obtenir sa bombe.

A SUIVRE...
(En photo : la centrale de Natanz, la carte des sites nucléaires officiels)

Publié dans Ayatolland d'Iran

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Aurélien Royer 09/11/2008 14:28

Cet article très intéressant (encore un !) nous renseigne sur trois points importants:
- le projet nucléaire iranien était d'abord civil et, tout le monde en convient, il serait injuste de priver le pays de ce moyen de produire une énergie alternative;
- le développement d'un nucléaire militaire avait pour première ambition de jouer la carte de l'intimidation et de la dissuasion (argument utilisé par toutes les autres puissances nucléaires);
- la poursuite du nucléaire militaire vie à cimenter la société autour des chefs politiques... eux qui sont menacés par les réalités économiques. Si tu ne l'as pas déjà fait, je t'invite (toi et tes lecteurs) à lire l'article que j'ai consacré à la situation socio-économique de l'Iran de ces dernières semaines.
Bref, tout cela montre que la négociation sans arrière-pensée est préférable à un bombardement qui braquerait encore un peu plus lesdits dirigeants !